Dimanche 14 Juin 2009
146km - 3800m de dénivelé
2000 partants

Samedi soir après avoir récupéré mon dossard au Palais des Sports j’ai rendez-vous avec Alban Lorenzini sur l’expo commerciale. Je viens de faire une descente au Vieux Campeur d’Albertville (dur pour la CB), je suis en tenue civile. Alban rentre juste de rouler avec son Time RXR et son SRM. Son vélo est un vrai engin de guerre… D’ailleurs au bout de quelques minutes plusieurs concurrents se sont déjà arrêtés pour admirer la machine. Plutôt des hommes mûrs, on a vu mieux comme attrape-gonzesse…
Pas moyen de faire la course ensemble vu mon n° plutôt élevé et son dossard protégé, tant pis on se retrouvera après l’arrivée.
Dimanche matin départ à vélo du camping à Praz sur Arly. Il fait déjà 17-18°C. Malgré tout je pars avec un coupe vent dans la poche. Le RPE m’a rappelé à une certaine prudence vestimentaire… Mon SRM joue les divas, le capteur de puissance et le PowerControl ne sont plus appariés, et pas moyen de les réconcilier….
J’ai dû m’arrêter au moins 10 fois sur le chemin pour tenter de résoudre le problème, en vain. J’arrive sur la ligne de départ comme un aveugle sans son chien guide : moral en berne, aux sensations je ne vais jamais arriver à adopter la bonne allure!
Je me retrouve donc dans les 20 derniers du peloton, journée gâchée quand à la Nième tentative tout se remet à fonctionner parfaitement! Vérification faite sur le site de SRM, la pile du capteur a une durée de vie de 1400h environ, alors que je n’ai roulé qu’environ 420, donc j’ai encore de la marge.

Je passe la ligne près de 8′ après les premiers… Et hop c’est parti, Death or Glory, mains en bas du guidon, 40 à 50km/h au compteur jusqu’à Flumet. Pas de côte des Pontets Morettes cette année, c’est toujours ça de pris.
Col des Aravis
Les 1,5 premiers kms servent de mise en route avant le replat. Peu avant La Giettaz c’est le début de la vraie ascension. Comme d’habitude c’est un feu d’artifice, je me fais doubler de tous les côtés. Pourtant je monte à 260W… Je passe au sommet du Col des Aravis en 57′, 262W NP et 76rpm. Jusque ici tout va bien…
Rapide arrêt au ravitaillement, la journée va être chaude, il fait soif.
Descente rapide jusqu’à Thones, je frôle plusieurs fois les 80km/h. En bas il fait déjà 26°C…
Col de la Croix Fry
C’est le premier col “sérieux” de la course, l’occasion d’avoir un aperçu de ce que j’ai dans les jambes aujourd’hui. Certains commencent déjà à fléchir, quelques uns sont déjà à l’agonie. Je commence à doubler les premiers dossards protégés. Incroyable le nombre de cadres Time…
Bien manger, bien boire, bien tourner les jambes, remettre une dent en danseuse, ne pas louper une zone d’ombre, ne pas dépasser les 270W, ne pas descendre sous les 250, je suis hyper concentré, c’est bon signe.
Passage au sommet en 2h09, 260W NP et 7rpm.
Col des Aravis
Courte montée pour retourner aux Aravis : 4km à 262W NP.
Pour le moment ça va pas mal, mais c’est le Col des Saisies qui va servir de juge de paix : soit je tiens les 260W et ensuite je fais la dernière ascension comme je peux, soit je commence à être fatigué et c’est mort.
Col des Saisies
Nouveauté de l’année, après Flumet on continue à descendre les Gorges d’Arly avant de tourner à gauche en direction de Crest Voland. Le début de l’ascension est boisé, il fait bon être à l’ombre. En plus il n’y a pas de descente intermédiaire. Je continue à me sentir bien et à remonter pas mal de monde. Plus personne ne me double en fait : les bons sont devant, les téméraires ont explosé depuis lontemps…
255W NP, 3h57, ça se présente bien. Cette année je n’ai pas croisé le premier dans la station. Ouf!
Je profite du ravito avant la côte de la Pointe de Bisanne. J’ai déjà dû boire au moins 6 verres de Coca depuis le départ et peut-être 3,5L de boisson énergétique. Il fait 33°C…
La côte des Pachons passe tranquille, c’est assez joussif de voir les têtes dépitées de ceux qui pensaient basculer dans la descente juste après le ravito…
Puis c’est la descente vers Villard sur Doron, sinueuse et technique. Peu de concurrents, la route est dégagée, on peut se faire plaisir. En fait j’ai plutôt l’impression de descendre dans un four : en bas il fait 36°C… Malgré la crème solaire indice 30, je suis grillé!
Col des Saisies
C’est le moment de vérité. Pas un brin d’ombre, pas un brin d’air. 38°C à 1400m. Hot!
Je suis sec mais chaque gorgée me donne envie de vomir. J’ai mal partout. C’est le moment de la grande remise en question, comme dans l’Alpe d’Huez à la Marmotte, ou dans la côte de Sainte Anne au RPE. Pourquoi s’infliger autant de souffrance? Réponse: Réfléchis pas et pédale!
Mon pied gauche me brûle, mais c’est pas grave, je continue à appuyer. La devise Shadock tourne en boucle sous mon casque surchauffé: Plus tu pédales moins fort, moins t’avances plus vite!
Jusqu’à 1300m d’altitude environ tout va bien : 245W NP. Ensuite c’est l’explosion : 229W sur les 5,7 derniers kilomètres…
Bilan 239W NP sur la totalité de l’ascension, je passe au sommet en 5h39. C’est mort pour rentrer en moins de 6h.
Je fais quand même la descente à bloc, mais le retour sur Megève est un calvaire, je suis cuit par la chaleur… Passage sur la ligne en 6h12, 97ème au scratch.
Conclusion
La chaleur a eu raison de moi dans le dernier col, j’ai perdu environ 50″/km sur les 6 derniers kilomètres des Saisies, et sans doute la même chose sur les 10kms entre Flumet et Megève, soit au total plus de 13 minutes!

Pas vraiment Death, pas vraiment Glory. Je suis content de ma course. J’ai tenu les 260W NP sur 40km d’ascension, puis 240W sur les 14 suivant, passant 180′ à I3 ou plus. Sur le 115km j’aurais terminé environ 150ème/850. Pas mal!
Petit bémol, sur la Marmotte ce ne sont pas 54 mais 71km d’ascension qui sont au programme…
Coup de chapeau à Thomas Becarud qui après le Raid Provence Extrême termine 14ème au scratch.
Après l’arrivée je retrouve Alban et sa famille pour le repas et la remise des prix. Sur le 115 il a monté à 280W sans craquer et fini 45ème. Bravo! RDV est pris pour la Marmotte.