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Course 2013-06 Time Megève Mont-Blanc
Dimanche 09 Juin
144km – 3500D+
Environ 1500 partants au total
Samedi, après être arrivé en train et avoir pris la voiture de loc’ à Chambéry je prends la direction de Megève et je fais une pause à Flumet. Un petit 10min pour remonter le vélo et je me dirige vers le Col des Aravis pour le traditionnel décrassage d’avant course.
La météo n’est pas au top, mais il fait 21°C et il ne pleut pas (encore). Ce sera ma 1ère sortie en cuissard court manches courtes de l’année… Comme d’habitude en Savoie la route est bien défoncée, il faudra être vigilant demain dans les descentes.
L’avantage des Aravis c’est que c’est un col plutôt facile, idéal pour tourner les jambes sans trop forcer. J’atteins le sommet en 48min et 231W à peine. Le temps de faire une photo et d’enfiler mon coupe vent, je me fais accoster par un paysan local qui tient absolument à me faire la causette et me questionne sur la Time : parcours, nombre de participants, vitesse moyenne…
Après quelques tours de roue en descente, il se met à pleuvoir… Heureusement quelques gouttes assez éparses, j’arriverai en bas avant le déluge !
Cette année je loge avec la famille Lorenzini & Fabrice. La discussion se focalise vite sur la météo du lendemain, apparemment les Vosgiens ne sont pas du tout étanches. Le coach doit bien avoir 8 applications météo sur son iPhone, qui évidemment se contredisent toutes et changent leurs prévisions d’heure en heure…
Pour se remonter le moral on se fait une bonne pasta party, façon gratin de pâtes au Beaufort et au jambon de Savoie, mais aussi avec de la salade verte et un yaourt des Alpes aux myrtilles (bonne conscience).
Dimanche matin, miracle il ne pleut pas, les Vosgiens vont pouvoir sortir. Après un petit temps de réflexion, je joue la sécurité et je pars avec des genouillères, maillot manches longues, gilet sans manches et coupe vent dans la poche. C’est le bon choix, mais je ne le saurai que 4h30 plus tard !
Sur la ligne de départ Alban rentre dans le sas des dossards prioritaires tandis qu’on part à l’arrière avec le reste des concurrents. On doit bien être 1500 au départ, beau score vu les prévisions météo.
La descente jusqu’à Flumet sert de bon échauffement avant d’attaquer directement par le Col des Saisies (12km – 730D+ – 276NP). Cette fois pas de détour par Crest Voland après Notre Dame de Bellecombre, route directe vers le sommet. J’essaye de ne pas m’enflammer et de rester vers 270-280W au SRM, histoire d’éviter d’exploser en fin de course.
Au sommet le parcours emprunte la descente par la route principale vers Villard sur Doron. Dans les Saisies, la route est bien défoncée, mais en dessous ça s’améliore. Il y a encore beaucoup de monde, et trop de kamikazes à mon goût : dépassements par la droite, queues de poisson, faces à face avec voitures… Je fais la descente relativement prudemment pour éviter les problèmes.
A peine en bas, il faut remonter vers le Col des Saisies, mais cette fois par la petite route du Signal de Bisanne (11,5km – 1000D+ – 279NP). J’étais déjà descendu une fois par là, et je me souvenais que c’était tortueux et pentu. En effet au détour des petits virages il y a pas mal de rampes à 12-15%. Les jambes répondent bien, mais comme je n’ai monté qu’un 39×29 je me retrouve souvent à passer en force en danseuse, à 55-60rpm. Pas bon ça, erreur de braquets.
Au sommet je sèche une nouvelle fois le ravito. La descente jusqu’à Flumet est neutralisée. A vrai dire j’avais complètement oublié, mais vu l’état désastreux de la route par endroits, pas question de faire de la vitesse…
Le col suivant est le Col des Aravis par la Giettaz (11km – 570D+ – 276NP), une simple formalité où j’ai décidé de monter à l’économie en prévision de la Croix Fry, que je redoute un peu en fin de parcours.
Dans le replat avant la Giettaz je croise les 1ers du parcours moyen qui redescendent vers Flumet et Megève. Je les compte au fur et à mesure, espérant renseigner Alban sur sa position. Mais toujours pas de nouvelles après 30 coureurs, avec sa bronchite il a dû faire le petit parcours…
Cette fois je m’arrête au sommet pour recharger un peu, il y a du vrai Coca, des barres de céréales, des fruits, des TUCs, des sandwichs. Merci l’organisation;-)
La descente vers La Clusaz et Thônes est rapide sur une chaussée globalement en bon état, mais avec un vent de face de plus en plus fort sur la fin. La Vmax d’aujourd’hui sera seulement de 65km/h vs les 90 habituels…
Au pied du Col de la Croix Fry (11,5km – 800D+ – 260NP) on est une dizaine, et le PowerControl affiche 29°C au soleil. Un petit malin dit qu’il est content d’avoir échappé à la pluie et que maintenant ça va aller jusqu’à l’arrivée…
Chacun monte à son rythme, je vais plutôt bien jusqu’à Manigod, où l’orage éclate dans les pourcentages les plus difficiles. L’averse tourne vite au déluge, avec les lunettes je n’y vois plus rien, mais sans c’est à peine si je peux ouvrir les yeux… La route se transforme en rivière, c’est chacun pour soi. J’ai perdu 15W d’un coup rien qu’en luttant contre la pluie !
Au sommet au ravito il ne fait plus que 5°C, -24° en 50min ! Après ½ banane je me lance dans la descente debout sur les freins, les jantes carbone c’est vraiment de la m…. pour ça. Pas question de dépasser le 35km/h vu la visibilité. Et de toute façon avec le froid ça tremble de partout, manque plus que les dents qui claquent pour se croire à l’Alpen Brevet !
A la Clusaz j’ai du mal à prendre le demi-tour qui remonte vers les Aravis (3,6km – 240D+ – 257NP). Muscles tétanisés, impossible de pédaler. Il pleut toujours autant, c’est sauve qui peut jusqu’au sommet.
Une nouvelle fois il va falloir être super prudent dans la descente, et le replat de la Giettaz est le bienvenu pour se détendre un peu les mains et les muscles. La vitesse et les watts moyens en prennent un bon coup, c’est mort pour rentrer en 6h00.
A Flumet le déluge stoppe et bizarrement la remontée vers Megève paraît presque agréable. Bon vu ce qu’il y avait avant c’était pas difficile ! Les jambes répondent toujours bien, ça doit être la 1ère fois que j’arrive à enchaîner 3500D+ à 260-280W dans les cols, ça restera une bonne journée malgré le déluge…
Je passe la ligne en 6h13, 99ème/250 sur le grand parcours, mais en équivalent temps 63ème/500 sur le moyen… Conclusion, il fallait être à la fois dingue et costaud pour faire le grand. 250W NP sur 6h13, vu le déluge et le temps perdu après Manigod je suis content!
Bonne perf également des Lorenzini sur le petit, et un peu plus moyenne pour Fabrice, mais ça sera pour l’année prochaine !
Après une bonne douche bien chaude on enchaîne sur le repas en attendant la remise des prix et surtout la tombola, où Greg LeMond, parrain de l’épreuve, remet quelques lots dans la bonne humeur. Bon les skis, la paire de roue Campa ou le cadre Time ça ne sera encore pas pour cette fois…
Course 2012-02 – Raid des Alpilles
Dimanche 18 Mars 2012
132km – 1400D+
Environ 350 partants
Pas de chance ce matin à Saint Rémy de Provence, le ciel est franchement menaçant pour cette nouvelle édition du Raid des Alpilles, organisé par l’équipe de Patrick François. Plusieurs anciens participants du Raid Provence Extrême sont au départ, dont Dominique Briand, Hughes Rico, Thomas Bécarud ou Thierry Saint-Léger.
Le départ se fait en 3 vagues, en fonction de l’âge des participants. Une fausse bonne idée, vu que de toute façon les 4,5 premiers kms en direction des Baux de Provence sont en montée. Pas de danger lié à un gros peloton, ça va exploser d’entrée…
Je me retrouve dans le groupe des costauds, avec plusieurs Elites du VC La Pomme – Marseille, ça envoie dur. Heureusement j’ai eu le temps de bien m’échauffer, et je survis assez bien aux 10min@332W NP du départ.
Après une courte descente full gaz (5min@272W NP) il faut enchaîner sur une nouvelle bosse de 3,5km engloutie à 315W NP. Là, c’est du chacun pour soi et le SRM et les Lightweight me sont bien utiles pour suivre ce qu’il reste du peloton.
Après une nouvelle descente, un peu plus calme cette fois, vient la surprise du chef, une toute petite route bien tortueuse, du genre où on s’obstine à rester sur la plaque malgré un faux plat montant. Sauf que relance après relance, ça continue. Je finis par tomber sur le 39 un peu à l’agonie quand arrive le fameux passage à 18% qui finit de m’achever. Malgré 11min@320W NP la tête de course s’éloigne inexorablement…
Première heure de course à 290W NP, yes!
C’est là que ça devient un peu bizarre, je me retrouve à rouler à bloc dans la pampa avec 4-5 gars, au milieu des oliviers et des amandiers en fleur, sur des route balayées par un bon vent, comme à la maison. On se retrouve même à rouler en éventail par moment, sympa. On rattrape sans arrêt des coureurs partis plus tôt ou d’autres qui se sont fait éjecter de la tête.
2h à un bon 265W NP, ça le fait toujours.
Malgré une alimentation plutôt musclée depuis le départ, ma vue devient un peu scintillante, mais pour une fois je détecte assez tôt ce premier symptôme d’hypoglycémie pour lever le pied et gérer sur la dernière heure, ou je baisse franchement de régime (225NP). La barrière des 100kms m’aura été fatale…
Le parcours termine par un dernier passage dans le mur à 18%, au pied des Baux de Provence. Si on ajoute la pluie battante, ça devient franchement dur. Et puis les jantes carbone, niveau freinage sur le mouillé ce n’est vraiment pas top.
Au final je suis bien content de cette première cyclosportive de la saison. La forme n’avait rien à voir avec la course de Beaumesnil il y a 15j. Cette fois les chevaux étaient bien sous le capot, avec 4h11@257W NP, mon 2ème meilleur résultat en cyclosportive après La Coulainaise 2009. Et puis j’ai aussi passé en cumulé 1h45>260W dont 1h>300W, ce qui est plutôt correct vu le type de parcours.
Le classement final (127ème…) est à des années lumières de la performance athlétique du jour. La faute sans doute à la vaine chevauchée dans le vent entre 1h et 3h de course!
Course 2011-05 La Marmotte
Samedi 02 Juillet 2011
Trophée Label d’Or FFC
174km – 4900D+
7000 partants

On y est, c’est aujourd’hui le Graal, la course tant décriée mais si fascinante que chaque année plus de 7000 cyclos venus du monde entier sont au départ. 174km, 4 cols, près de 5000m D+, un parcours dantesque et des paysages somptueux. LA cyclosportive.
Après un hiver studieux ma préparation a été fortement perturbée dès le mois de Mai avec presque 3 semaines d’arrêt forcé et au total seulement 2 séances de 6h ou plus. Un peu juste pour envisager une performance sur La Marmotte, d’autant plus que la Time ne m’a pas spécialement rassuré, avec une prestation sans étincelles.
Sur le vélo à 6h50, il ne fait que 6°C à l’Alpe d’Huez. La descente vers le départ à Bourg d’Oisans s’annonce glaciale… Cette année je pars dans la 2ème vague, finalement ce n’est pas mal car ça permet de gagner 1/2h de sommeil. De toute façon il est inutile d’essayer d’accrocher la roue des meilleurs…
7h30, c’est parti pour une nouvelle grande journée de vélo! Le plat jusqu’à Rochetaillée puis le pied du Barrage du Verney permet de se mettre en jambes tranquillement. L’ambiance est bon enfant, chacun adopte son rythme de croisière, j’en profite pour prendre les roues de ceux qui roulent vite. Pas question de prendre du vent sur le plat, mais pas question non plus de partir dans un faux rythme: les minutes sont assez difficiles à gagner comme ça dans les montées, il ne faut pas en perdre dans les vallées… C’est ma 5ème Marmotte, avec l’expérience la question n’est plus de savoir si je vais terminer, mais plutôt de savoir si je vais battre mon record, et de combien!
Au pied du Col du Glandon (1924m – 21km – 1200D+), premier arrêt pour enlever le coupe vent et faire pipi. Et oui, ça fait toujours ça de moins à hisser jusqu’au sommet!
Avec les années il est de plus en plus facile de partir doucement dans le Glandon. Les premières fois ça m’énervait toujours de me faire doubler par les papis de 70 ans et les obèses. Maintenant ça me fait plutôt sourire. Dès le Barrage de Grand Maison ils sont à l’agonie sur leur 39×23…
34×26 ou 34×29 par moment et 250W max au SRM, chaque W supplémentaire se paiera dans l’Alpe! A l’aise sur le vélo, les jambes répondent bien, je gère tranquillement la montée en profitant au maximum des 2 petites descentes et du replat pour récupérer. Sur le haut il y a de plus en plus de ravitos privés organisés par les agences de voyage spéciales hollandais ou danois. Au début je trouvais ça pas trop fair play, mais finalement ça permet de désengorger les piteux ravitaillements made in Sportcom, donc ce n’est pas plus mal.
Je bascule au sommet en 1h52, 1min de moins qu’en 2009, à 245W NP. Jusqu’ici tout va bien…
Depuis l’année dernière la descente est neutralisée, à savoir que le chrono est arrêté jusqu’en bas de la descente. Bonne idée, il y a moins de kamikazes, et aussi il y a plus de signaleurs dans les virages dangereux. Comme il est assez rare que Sportcom fasse quelque chose de bien question organisation, il faut le signaler. Tout au long du parcours les gendarmes sont omniprésents, aux carrefours ou à moto, améliorant la sécurité.
+1 pour Sportcom et les forces de l’ordre.
Arrivé dans la Vallée de la Maurienne, une seule préoccupation: chopper un petit peloton de motos hollandaises pour rallier rapidement Saint-Michel de Maurienne. Coup de chance, le groupe se constitue très rapidement sous mon impulsion, on fera toute la vallée sur un bon rythme mais sans dépenser trop d’énergie. J’ai un point de repère pour évaluer ma forme du jour: 3-4km après le début du plat il y a 1 côte de 500-600m le long de l’A43. 2 possibilités: soit tu te mets en danseuse et les jambes te brûlent, c’est mal barré, soit ça passe tout seul et il y a de l’espoir pour la suite. Cette année ça va le faire!
Saint-Michel de Maurienne, fin de la récré. Après 3h05 il est temps d’attaquer le Col du Télégraphe (1566m – 10,7km – 760D+). 1 ou 2km me sont toujours nécessaires pour me mettre dans le rythme. Après, c’est du gâteau: pente régulière à 7-8%, revêtement nickel.
La montée est à moitié ombragée, les lacets s’enchaînent. Sur le haut le paysage est vertigineux, on peut voir l’autoroute 700m plus bas.
Au sommet je suis encore frais, jusqu’ici tout va bien. A 243W NP, personne ne m’a doublé dans la montée, et ça c’est bon pour le moral.
La descente jusqu’à Valloire est anecdotique, il faut enchaîner directement sur le Col du Galibier (2646m – 17km – 1200D+). Premier vrai arrêt au ravitaillement à la sortie du village. C’est de pire en pire, il n’y a même plus de Coca, juste un pauvre sirop tellement dilué qu’on n’en sent même pas le goût! Merci Sportcom…
Jusqu’à Plan Lachat la montée est assez facile, puis passé 2000m ça se corse pas mal avec plus de 9% de moyenne jusqu’au sommet. On entre en Haute Montagne, le paysage devient lunaire. Respect…
2000m ça doit constituer la barrière au delà de laquelle quelque chose se dérègle dans mon métabolisme: 20W perdus d’un coup! Pourtant je me sens vraiment bien , mais d’un coup j’avance beaucoup moins vite. Pour les autres ça a l’air encore pire, donc je garde le moral. Arrivé au tunnel, il reste encore 1km à 10%, celui-là c’est le meilleur. Quand je pense qu’à l’Etape du Tour ils ne vont pas l’emprunter, c’est dommage…
Je bascule en 5h24 (225W NP), en avance par rapport à mon meilleur temps. Yes! J’ai fléchi au delà des 2000m d’altitude, mais mon niveau de lucidité est bien supérieur à mes Marmottes précédentes. Jusqu’ici tout va bien…
A venir le tronçon le plus pénible, avec l’interminable descente vers Bourg d’Oisans via le Col du Lautaret.
Au début c’est une vraie descente pendant 8km, puis un long faux plat les 35 suivants. En plus on a un vent de face super violent, et croyez-moi quand je dis ça j’habite dans une région où il y a 365j de vent/an… Rapidement un gars me double comme une fusée, je prends son sillage, mais mon 51×12 est un peu juste, je vais avoir du mal à le relayer. On reprend des petits groupes petit à petit mais personne ne veut trop rouler.
Du coup on se retrouve à faire le travail à 2 ou 3 pour un peloton d’une vingtaine, agrippés au guidon dans les bourrasques et l’obscurité des tunnels. Pas moyen de manger ni de boire… Pas bon ça!
Au Barrage du Chambon les jambes répondent toujours bien, je commence à m’imaginer en train de claquer un 7h30 au sommet de l’Alpe. Je passe la côte qui me tue habituellement sans encombre et je continue à prendre des bons relais sur le replat avant d’arriver à Bourg d’Oisans.
6h25, plus que 14km avant l’arrivée! Jusque ici tout va bien…
Nouvel arrêt au ravito, toujours aussi pauvre, et c’est parti pour la grimpée de l’Alpe d’Huez (1860m – 14km -1100D+). La première rampe est toujours aussi terrible, mais comment font les pros pour avoir besoin de freiner dans la 1ère épingle à cheveux??
Bon ben là il n’y a pas photo, je n’avance plus, panne sèche. Je m’arrache en me disant qu’après La Garde la pente est moins élevée, mais arrivé là-haut, je suis encore plus collé… Longue agonie avec l’hypoglycémie la plus magistrale de ma carrière… Je n’ai rien avalé de concret depuis Plan Lachat, erreur fatale!
Chaque tour de pédale dure une éternité, vue scintillante, mon cerveau est déconnecté. J’ai beau manger tout ce qu’il me reste, c’est trop tard… 1h21 pour arriver en haut, plus mauvais temps de tous les temps! Et seulement 199W NP, encore plus mauvais que ma dernière heure la semaine dernière dans la canicule…
L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
7h46. Envolés les espoirs de 7h30…
Malgré tout je bats mon record de 5min, mais quel gâchis après avoir été super jusqu’au pied de l’Alpe… Comme chaque année la conclusion s’impose d’elle même: Il faudra absolument revenir dans un an, je suis sûr que je peux faire mieux!
C’est ça qui rend La Marmotte unique: quelques heures seulement après voir enduré la pire souffrance dans l’Alpe d’Huez, je fais déjà des plans pour l’année d’après!
Grosse chaleur
Ma dernière grosse sortie a eu lieu dimanche, 6j avant La Marmotte. Circuit long et musclé en Suisse Normande afin d’accumuler un peu de D+ en vue du petit enchaînement du 02 Juillet…
Pas de chance pour des raisons de planning cette journée de vélo coïncide avec la journée la plus chaude de l’année en Normandie, 34°C! Au moins ça fait un bon entraînement pour la cuisson finale dans l’Alpe d’Huez samedi prochain en début d’APM…
L’été arrive, les premières moissonneuses sont de sortie. Bon ça faisait longtemps que ça les démangeait…
Après un début de parcours classique par le Mont Pinçon je commence le volet touristique en Suisse Normande en passant par Thury-Harcourt.
Jusqu’à Pont d’Ouilly les routes sont larges et balayées par le vent. Ajoutez à ça un faux plat montant quasi continu et un revêtement granuleux à souhait et il n’en faut pas plus pour être collé au bitume…
Après la bifurcation pour Clécy on quitte la Suisse pour un paysage Lot Style avec chênes partout et rocaille. Avec le cagniard on s’y croirait presque: vivement les vacances!
A Clécy on peut descendre un bout de l’Orne en canoé, mais ça sera pour une prochaine fois.
En remontant vers Saint-Jean le Blanc le paysage change à nouveau pour ressembler un peu au Jura. En tout cas c’est aussi sauvage…
Il fait de plus en plus chaud, je commence à me dire que ce n’était pas très malin de partir rouler 7h sous une telle chaleur…
200m d’ombre = 200m de roue libre, le top! Et puis ça me rappelle la chasse à l’ombre dans la montée de l’Alpe… Ceux qui ont fait La Marmotte savent en quoi ça consiste!
Après une deuxième pause ravito au Bény Bocage je prends le chemin du retour, anéanti par la chaleur.
Dans la dernière heure un genre de faux plat de 10km avec un vent de 3/4 brûlant me colle à la route, 220W au SRM max, c’est l’horreur! Du coup nouvel arrêt dans l’église d’un bled à 20 minutes de chez moi… Au frais, merci!
Bilan de la journée, 7h de vélo, mission accomplie. Pour ce qui est de la performance pure et du plaisir, il faudra repasser un jour de températures normales…
Course 2011-04 La Time Megève Mont-Blanc
Dimanche 12 Juin 2011
Trophée Label d’Or FFC
133km – 3300D+
1900 partants au total
Cette année le départ a lieu à Sallanches, il faudra enchaîner la Colombière, la Croix Fry, les Aravis et les Saisies avant d’arriver à Megève. Pas de stress, mon dossard protégé me permet de m’échauffer correctement avant de retrouver Alban en tête de peloton, quelques minutes seulement avant que la course ne soit lancée.
La fréquentation est un peu en baisse par rapport aux années précédentes, mais malgré tout le peloton reste impressionnant. Après quelques secondes de silence en mémoire de Boris, victime l’an passé d’une chute mortelle, le départ est donné.
L’objectif est simple: rester en tête de course jusqu’au pied de la Colombière. En roulant intelligemment, ça devrait pouvoir se faire sans dépenser trop de forces. Quitte à partir avec les costauds autant en profiter pour leur sucer la roue héhéhé… et puis ça fera quelques minutes de gagnées sur le gros de la troupe.
Aussitôt dit, aussitôt fait. A peine le portique de départ passé, on embraye pour rester devant. Finalement ça ne roule pas si fort, je m’attendais à ce que les pros mettent tout le monde en file indienne à 50-55 au compteur. Au lieu de ça la tête du peloton est assez compacte, ça frotte comme dans les cyclos de plaine, au milieu des ronds-points et des ilots directionnels, que les inconscients s’obstinent à contourner par la gauche de la route…
Scionzier est atteint en 24 minutes à 43km/h de moyenne et « seulement » 254W NP, tranquille.
Le gyrophare de la voiture ouvreuse est juste devant, mais plus pour longtemps car dès le pied du Col de la Colombière (1613m – 17km – 6,5%) c’est chacun pour soi. Alban me double définitivement après quelques minutes, un vrai avion… Le SRM affiche 280-290W durant les 20 premières minutes, puis le passage au Reposoir est l’occasion de lever le pied, il faut en garder pour les autres ascensions. La longue et (très) dure ligne droite finale me permet d’estimer mon retard sur la tête de course à 6-7minutes environ. Pas si mal pour une ascension de 1h02 à 270W NP. Le premier ravitaillement est expédié en une trentaine de secondes seulement, merci aux bénévoles.
Après le Grand Bornand une espèce faux plat casse patte m’annonce que je vais être en sub-crampes toute la journée (quadriceps limite dès que je me mets en danseuse après un long temps de roue libre). A mon avis je n’ai pas assez bu hier soir, et le sel du jambon et du fromage ont fait le reste.
A Saint Jean de Sixt c’est déjà la bifurcation entre le petit et les autres parcours. A droite direction Thônes et sa ligne droite à près de 80km/h. Heureusement il n’y a pas de vent, avec les Lightweight c’est pas plus mal.
Le Col de la Croix Fry (1467m – 12km – 6,7%) arrive vite, en général c’est là qu’on sait si ça va le faire ou pas pour le reste de la course. Jusqu’à Manigod ça va pas mal, il y a déjà moins d’avions que dans la Colombière: les vrais costauds sont devant, les autres ont explosé! Je gère sans m’affoler à 250W NP jusqu’au sommet. Au lieu de m’enflammer un peu dans le 1er col j’aurais mieux fait d’en garder un peu plus pour la suite… Cette fois pas de ravito, les Aravis sont proches.
Après une courte descente jusqu’à La Clusaz où on rejoint le petit parcours il faut enchaîner sur le final du Col des Aravis (1486m – 3,6km – 6,4%), avec ses 2-3 larges lacets au milieu des alpages, superbe. Une formalité à 252W NP sans forcer. Nouvelle pause boisson au sommet avant d’entamer la descente la plus dangereuse du parcours. Il y a eu une chute dans le tunnel, comme d’habitude. L’absence du SAMU est rassurante. Encore un qui s’est pris le mur côté gauche, mais sans trop de dégâts par chance. La course est neutralisée pendant une dizaine de minutes, on repart doucement en file indienne jusqu’à Flumet, ce qui n’empêche pas les gros malins de couper les virages et de doubler par la droite. A part une greffe de cerveau, on ne peut rien pour eux…
Le Col des Saisies (1650m – 14km – 5,2%) est le dernier de la journée. Cette année on ne descend pas les Gorges de l’Arly mais on remonte direction Megève avant de tourner à droite à la fromagerie. Après la bifurcation du moyen et du grand parcours il n’y a plus grand monde sur la route, la montée s’annonce assez solitaire! Après 1km je croise déjà les premiers: une échappée de 8 avec 1 Saur-Sojasun, 3 Ag2r, 1 FdJ et l’incontournable Nicolas Roux auxquels ils laisseront finalement la victoire à Megève… Niveau relevé!
La 4ème et dernière ascension s’annonce usante, d’autant qu’on emprunte le traditionnel détour par Crest Voland qui avec sa petite descente ajoute une bonne centaine de mètres de D+.
Je suis le plus souvent en 39×29, un peu collé, avec pas mal de fatigue dans les bras et le haut du dos. Personne ne me double dans la montée, c’est toujours bon pour le moral, surtout que je rattrape une bonne dizaine de coureurs. Au moins la capteur de puissance permet de bien gérer son effort en montagne! 245W NP dans ce dernier col, il ne reste plus qu’à rentrer sur Megève.
Heureusement la DDE a refait la route dans les passages les plus mauvais depuis mon passage de la fin Avril, ce qui rend la descente un peu moins cahotique.
De Flumet à Megève on a le vent de dos pour une fois, ça aide bien pour ce long faux-plat montant!
Je passe la ligne en 5h02 temps compteur, 5h13 temps organisation. Les 10 minutes d’arrêt forcé dans la descente des Aravis ne changent pas grand chose au classement final. Meilleure perf. sur la Time à 239W NP contre 228 en 2010 avec 600D+ en moins et 232 en 2009.
112/476 sur le 133kms, les temps de passage intermédiaires à la Croix Fry montrent que sur le 105 je me serais situé aux environ de la 50ème place/675.
Globalement je suis donc satisfait même si les quasiment 3 semaines d’arrêt forcé au mois de Mai ont bien cassé ma préparation. A la Marmotte ça va être chaud car le D+ n’a rien à voir…
Course 2010-04 Alpen Brevet (Suisse-Cyclo)
Samedi 14 Août 2010
176km – 5200m D+
1500 partants

Réveil à 5h30. Ouch! Temps nuageux mais pas de pluie, 12°C.
6h30, sur le vélo, direction le départ. Auto-discipline Suisse, une merveille: chacun se place dans le sas correspondant à la vitesse moyenne qu’il prévoit: de 14 à 26km/h, faites votre choix! A des années lumières du joyeux bordel qu’est La Marmotte… Autre différence, il n’y a pas de cycliste du dimanche, que des coursiers, c’est impressionnant.
6h45, c’est parti. Death or Glory.
Dès la sortie de Meiringen, ça flingue à tout va. Patience, 245W NP, la route est longue.
Sustenpass I (2224m; 1494D+; 26,7km)
C’est la première fois que je monte par ce côté. Vu que ce n’était pas prévu, je n’ai pas étudié le profil avant de venir. Dans mes souvenirs, il y a une longue phase d’abord, façon Bourg d’Oisans – Col du Lautaret.
Effectivement, on emprunte une succession de montées – replats. Tout ce que je déteste, impossible de trouver son rythme, il faut sans arrêt alterner entre 34 et 50 dents.
Les premiers kilomètres serpentent entre les sapins, les paysages sont superbes, et la chaussée parfaite.
La route emprunte de nombreux tunnels, une merveille d’ingénierie.
Globalement, chacun est à sa place. Rien à voir avec les bouchons du Col du Glandon, où c’est la guerre pour passer…
Petit à petit on arrive en haute montagne, et on s’approche des nuages. Un allemand me demande à combien de watts je monte : « 240W, easy! ». Je navigue sans arrêt aux alentours d’une fille, Tina indique son dossard. Elle a fière allure sur son Trek Madone.
Je ne sais pas si les suisses veulent continuer à bâcher leurs glaciers pour les protéger du réchauffement climatique, mais en tout on en distingue plusieurs quand il n’y a pas trop de brouillard…
Au sommet (2224m), il fait 9°C et il pleut. Le Rain Brevet a commencé! 236W NP, tranquille. Orgie de gels et barres Maxim au ravito. Jusqu’ici tout va bien…
La descente jusqu’à Wassen est glaciale. Passé 60km/h, avec les Lightweight la moindre rafale de vent est assez flippante. Impossible de rouler droit, pas assez d’inertie. Je rêve d’une paire de Cosmics à 1800g!
Gotthardpass I (2106m; 1116D+; 17,4km)J’arrive péniblement en bas (1300D-) frigorifié, pour la partie la plus pénible du parcours, de Wassen à Andermatt. C’est un peu comme faire du vélo sur le Périph’ de Paris, le dénivelé en plus.
La route monte dans une succession de tunnels et de pare avalanche, au milieu des gaz d’échappement. Mercedes SLK, Audi RS et autres Porsche se succèdent.
Je ne me sens pas trop mal dans les épingles à cheveux, le Trek Madone est derrière.
Les derniers kms sont effectués sur l’ancienne route pavée. Au moins il n’y a pas de voitures!
Arrivée au sommet à 235W, nouvel arrêt au ravito. Vu l’heure, ça va être juste pour arriver à Airolo avant le cut du Platin Tour…
Descente un peu moins glaciale, on évite une bonne partie des pavés mais il reste quelques tronçons sur le bas. J’avance pas, ça secoue, c’est l’horreur…
Arrivée à Airolo à 11h15, heure du cut.
Le ravitaillement est installé à la gare. Gold ou Platin, telle est la question. Empire state of Mind me dit d’y aller, mais la raison l’emporte, ce sera le Gold Tour une nouvelle fois. En effet en 2009 j’étais arrivé 1/2h plus tôt, il y avait 300m D+ en moins jusque là, et finir vers 20h n’est pas très raisonnable…
Au carrefour, le signaleur m’interroge, « Gold or Platin? » – « Gold!« . A gauche, retour à Meiringen. Le Trek Madone prend à droite juste devant moi. Elle finira en 14h, chapeau bas!
Gotthardpass II (2106m; 901D+; 12,9km)
C’est l’heure de remonter par l’ancienne route, quasiment intégralement pavée. Moment unique!
Impossible de se mettre en danseuse, chasse au caniveau, 34×29. Un truc de fou ce col!
230W NP, ça commence à baisser. Stratégiquement, je m’arrête au sommet plutôt qu’à Andermatt. Sandwich Gruyère + viande des Grisons. Yes!
Nouvelle descente, par l’autoroute! 85km/h, les voitures ne roulent pas assez vite. Je me refais une ou deux frayeurs avec le vent…
Retour à Wassen pour le Susttenpass II (2124m; 1264D+; 17,2km).
Pas de problème au pied, je double un paquet de monde. J’ai la vision un peu scintillante assez rapidement, signal d’alerte ignoré dans l’euphorie du moment.
Après 850D+, c’est l’explosion pure et simple, avec une bonne grosse fringale des familles. Quand je réalise, il est trop tard, je suis tombé à 140W!
Je finis par m’arrêter 10 minutes pour manger et boire. Mes victimes du pied du col me doublent d’un air triomphant…
Je termine les 400 derniers mètres à 215W NP, ridicule…
Après le tunnel, sans brouillard cette fois, je m’arrête longuement au ravito. 10°C et pluie battante. Après 3 verres de soupe bouillante, je sors les genouillères et les gants longs pour entamer la longue descente jusqu’à Innertkirchen. Je suis tellement à l’ouest que j’ai mis du Coca dans mon bidon…
Impossible de rouler droit tellement j’ai les bras qui tremblent… On finit la descente à 3, puis je pars tout seul dans la côte d’Innertkirchen, pour finalement passer la ligne à Meiringen en 8h17 temps compteur, 8h46 temps organisation.
60ème/475. Pas si mal, malgré la méga hypoglycémie.
Pluie, froid, plus de 5000D+, encore une journée de vélo Epique avec un grand E. Mais est-ce que ce n’est pas pour ça qu’on s’entraîne toute l’année?
Meiringen J-1
Privé de Marmotte cette année, je tente une nouvelle fois l’Alpen Brevet, aux confins de la Suisse alémanique.
Départ de la maison jeudi en début d’après midi, avec tout le barda habituel. L’objectif est de faire étape aux Hôpitaux Neufs, juste avant Vallorbe et la frontière. Il n’y a que 708 habitants, mais j’y passe si souvent que je suis presque un local…
Arrivée vendredi en milieu de matinée à Meiringen. Montage de camp ultra-rapide (tente Quechua 2 secondes, simplement génial), et j’enfourche mon vélo pour la traditionnelle sortie de décrassage.
Je traverse Innertkirchen avant de prendre la direction du Grimselpass, premier col du parcours.
La Suisse Alémanique est toujours impressionnante, avec ses montagnes et son ciel menaçants. Les maisons et les bâtiments officiels arborent souvent un drapeau jaune marqué d’un aigle noir, limite Nazi.
Chaque année je suis impressionné par cet environnement lugubre, on se croirait dans Les Rivières Pourpres… Mens sana in corpore sano.
J’aborde le début du Grimselpass tranquillement, 220W au SRM. L’idée est de monter pendant 45 minutes environ, puis de faire demi-tour et descendre full gaz pour tester le freinage en configuration Lightweight/descente de col.
Mauvaise surprise, la route est barrée après quelques kilomètres: des coulées de boue et des risques d’éboulement rendent le passage trop risqué… Il faut donc s’attendre à un changement de parcours de dernière minute, bof.
Les 560m de D- jusqu’au camping sont avalés sans problème. Lightweight + patins Swisstop = freinage brutal mais efficace. En bas, les jantes sont brûlantes. Trop apparemment pour des chambres à air latex, qui sont déconseillées dans la notice CarbonSports!
Après une descente de routine à la Coop (Cailler, Ramseier), c’est l’heure de retirer le dossard et la puce électronique de chronométrage.
Ce que je redoutais est arrivé, pas de Grimselpass, Nufenenpass et Furkapass. Le départ se fera par le Sustenpass et Andermatt, puis pour le Gold et le Platin Tour le Gotthardpass jusqu’à Airolo.
En gros, on emprunte à l’aller et au retour le passage le plus ennuyeux et dangereux à cause de la circulation infernale, entre Wassen et Andermatt… Et si ça se trouve il faudra même descendre du Gotthardpass à Airolo par la route pavée! Paris-Roubaix, mais en descente, ça promet…
De retour au camping, je prépare tranquillement le matériel. Bidons, dossard, alimentation, vêtements. Vu les prévisions météo, pas de pitié : départ en cuissard court, manchettes et gilet sans manches, jambes huilées. Dans les poches: imper, genouillères, gants d’hiver.
Une orgie de pâtes (complètes) à la fondue moitié-moitié et le passage en boucle de Empire State of Mind (Jay Z feat. Alicia Keys) achèveront de me galvaniser.
Just do it!
































































