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Course 2011-05 La Marmotte

Samedi 02 Juillet 2011
Trophée Label d’Or FFC
174km – 4900D+
7000 partants

logo cyclosportive la marmotte

On y est, c’est aujourd’hui le Graal, la course tant décriée mais si fascinante que chaque année plus de 7000 cyclos venus du monde entier sont au départ. 174km, 4 cols, près de 5000m D+, un parcours dantesque et des paysages somptueux. LA cyclosportive.
Après un hiver studieux ma préparation a été fortement perturbée dès le mois de Mai avec presque 3 semaines d’arrêt forcé et au total seulement 2 séances de 6h ou plus. Un peu juste pour envisager une performance sur La Marmotte, d’autant plus que la Time ne m’a pas spécialement rassuré, avec une prestation sans étincelles.

Alpe d'Huez

Alpe d'Huez

Sur le vélo à 6h50, il ne fait que 6°C à l’Alpe d’Huez. La descente vers le départ à Bourg d’Oisans s’annonce glaciale… Cette année je pars dans la 2ème vague, finalement ce n’est pas mal car ça permet de gagner 1/2h de sommeil. De  toute façon il est inutile d’essayer d’accrocher la roue des meilleurs…

7h30, c’est parti pour une nouvelle grande journée de vélo!  Le plat jusqu’à Rochetaillée puis le pied du Barrage du Verney permet de se mettre en jambes tranquillement. L’ambiance est bon enfant, chacun adopte son rythme de croisière, j’en profite pour prendre les roues de ceux qui roulent vite. Pas question de prendre du vent sur le plat, mais pas question non plus de partir dans un faux rythme: les minutes sont assez difficiles à gagner comme ça dans les montées, il ne faut pas en perdre dans les vallées… C’est ma 5ème Marmotte, avec l’expérience la question n’est plus de savoir si je vais terminer, mais plutôt de savoir si je vais battre mon record, et de combien!

Au pied du Col du Glandon (1924m – 21km – 1200D+), premier arrêt pour enlever le coupe vent et faire pipi. Et oui, ça fait toujours ça de moins à hisser jusqu’au sommet!

Barrage de Grand Maison

Barrage de Grand Maison

Avec les années il est de plus en plus facile de partir doucement dans le Glandon. Les premières fois ça m’énervait toujours de me faire doubler par les papis de 70 ans et les obèses. Maintenant ça me fait plutôt sourire. Dès le Barrage de Grand Maison ils sont à l’agonie sur leur 39×23…
34×26 ou 34×29 par moment et 250W max au SRM, chaque W supplémentaire se paiera dans l’Alpe! A l’aise sur le vélo, les jambes répondent bien, je gère tranquillement la montée en profitant au maximum des 2 petites descentes et du replat pour récupérer. Sur le haut il y a de plus en plus de ravitos privés organisés par les agences de voyage spéciales hollandais ou danois. Au début je trouvais ça pas trop fair play, mais finalement ça permet de désengorger les piteux ravitaillements made in Sportcom, donc ce n’est pas plus mal.
Je bascule au sommet en 1h52, 1min de moins qu’en 2009, à 245W NP. Jusqu’ici tout va bien

Depuis l’année dernière la descente est neutralisée, à savoir que le chrono est arrêté jusqu’en bas de la descente. Bonne idée, il y a moins de kamikazes, et aussi il y a plus de signaleurs dans les virages dangereux. Comme il est assez rare que Sportcom fasse quelque chose de bien question organisation, il faut le signaler. Tout au long du parcours les gendarmes sont omniprésents, aux carrefours ou à moto, améliorant la sécurité.
+1 pour Sportcom et les forces de l’ordre.

Arrivé dans la Vallée de la Maurienne, une seule préoccupation: chopper un petit peloton de motos hollandaises pour rallier rapidement Saint-Michel de Maurienne. Coup de chance, le groupe se constitue très rapidement sous mon impulsion, on fera toute la vallée sur un bon rythme mais sans dépenser trop d’énergie. J’ai un point de repère pour évaluer ma forme du jour: 3-4km après le début du plat il y a 1 côte de 500-600m le long de l’A43. 2 possibilités: soit tu te mets en danseuse et les jambes te brûlent, c’est mal barré, soit ça passe tout seul et il y a de l’espoir pour la suite. Cette année ça va le faire!

Saint-Michel de Maurienne

Saint-Michel de Maurienne

Saint-Michel de Maurienne, fin de la récré. Après 3h05 il est temps d’attaquer le Col du Télégraphe (1566m – 10,7km – 760D+). 1 ou 2km me sont toujours nécessaires pour me mettre dans le rythme. Après, c’est du gâteau: pente régulière à 7-8%, revêtement nickel.

Lacet dans le Télégraphe

Lacet dans le Télégraphe

La montée est à moitié ombragée, les lacets s’enchaînent. Sur le haut le paysage est vertigineux, on peut voir l’autoroute 700m plus bas.

Vallée de la Maurienne

Vallée de la Maurienne

Au sommet je suis encore frais, jusqu’ici tout va bien. A 243W NP, personne ne m’a doublé dans la montée, et ça c’est bon pour le moral.

La descente jusqu’à Valloire est anecdotique, il faut enchaîner directement sur le Col du Galibier (2646m – 17km – 1200D+). Premier vrai arrêt au ravitaillement à la sortie du village. C’est de pire en pire, il n’y a même plus de Coca, juste un pauvre sirop tellement dilué qu’on n’en sent même pas le goût! Merci Sportcom

Plan Lachat

Plan Lachat

Jusqu’à Plan Lachat la montée est assez facile, puis passé 2000m ça se corse pas mal avec plus de 9% de moyenne jusqu’au sommet. On entre en Haute Montagne, le paysage devient lunaire. Respect…

Galibier

2000m: changement de monde

2000m ça doit constituer la barrière au delà de laquelle quelque chose se dérègle dans mon métabolisme: 20W perdus d’un coup! Pourtant je me sens vraiment bien , mais d’un coup j’avance beaucoup moins vite. Pour les autres ça a l’air encore pire, donc je garde le moral. Arrivé au tunnel, il reste encore 1km à 10%, celui-là c’est le meilleur. Quand je pense qu’à l’Etape du Tour ils ne vont pas l’emprunter, c’est dommage…

Sommet du Col du Galibier

Sommet du Col du Galibier

Je bascule en 5h24 (225W NP), en avance par rapport à mon meilleur temps. Yes! J’ai fléchi au delà des 2000m d’altitude, mais mon niveau de lucidité est bien supérieur à mes Marmottes précédentes. Jusqu’ici tout va bien…

A venir le tronçon le plus pénible, avec l’interminable descente vers Bourg d’Oisans via le Col du Lautaret.

Parc National des Ecrins

Parc National des Ecrins

Au début c’est une vraie descente pendant 8km, puis un long faux plat les 35 suivants. En plus on a un vent de face super violent, et croyez-moi quand je dis ça j’habite dans une région où il y a 365j de vent/an… Rapidement un gars me double comme une fusée, je prends son sillage, mais mon 51×12 est un peu juste, je vais avoir du mal à le relayer. On reprend des petits groupes petit à petit mais personne ne veut trop rouler.

Entre le Col du Lautaret et La Meije

Entre le Col du Lautaret et La Meije

Du coup on se retrouve à faire le travail à 2 ou 3 pour un peloton d’une vingtaine, agrippés au guidon dans les bourrasques et l’obscurité des tunnels. Pas moyen de manger ni de boire… Pas bon ça!

Barrage du Chambon

Barrage du Chambon

Au Barrage du Chambon les jambes répondent toujours bien, je commence à m’imaginer en train de claquer un 7h30 au sommet de l’Alpe. Je passe la côte qui me tue habituellement sans encombre et je continue à prendre des bons relais sur le replat avant d’arriver à Bourg d’Oisans.

Vallée de Bourg d'Oisans

Vallée de Bourg d'Oisans

6h25, plus que 14km avant l’arrivée! Jusque ici tout va bien…
Nouvel arrêt au ravito, toujours aussi pauvre, et c’est parti pour la grimpée de l’Alpe d’Huez (1860m – 14km -1100D+). La première rampe est toujours aussi terrible, mais comment font les pros pour avoir besoin de freiner dans la 1ère épingle à cheveux??

Alpe d'Huez: virage 21

Alpe d'Huez: virage 21

Bon ben là il n’y a pas photo, je n’avance plus, panne sèche. Je m’arrache en me disant qu’après La Garde la pente est moins élevée, mais arrivé là-haut, je suis encore plus collé… Longue agonie avec l’hypoglycémie la plus magistrale de ma carrière… Je n’ai rien avalé de concret depuis Plan Lachat, erreur fatale!

Entrée dans l'Alpe d'Huez

Entrée dans l'Alpe d'Huez

Chaque tour de pédale dure une éternité, vue scintillante, mon cerveau est déconnecté. J’ai beau manger tout ce qu’il me reste, c’est trop tard… 1h21 pour arriver en haut, plus mauvais temps de tous les temps! Et seulement 199W NP, encore plus mauvais que ma dernière heure la semaine dernière dans la canicule…

L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
7h46. Envolés les espoirs de 7h30…
Malgré tout je bats mon record de 5min, mais quel gâchis après avoir été super jusqu’au pied de l’Alpe… Comme chaque année la conclusion s’impose d’elle même: Il faudra absolument revenir dans un an, je suis sûr que je peux faire mieux!

C’est ça qui rend La Marmotte unique: quelques heures seulement après voir enduré la pire souffrance dans l’Alpe d’Huez, je fais déjà des plans pour l’année d’après!

Grosse chaleur

Ma dernière grosse sortie a eu lieu dimanche, 6j avant La Marmotte. Circuit long et musclé en Suisse Normande afin d’accumuler un peu de D+ en vue du petit enchaînement du 02 Juillet…

courbe de puissance srm

6h58 - 173km - 2400D+

Pas de chance pour des raisons de planning cette journée de vélo coïncide avec la journée la plus chaude de l’année en Normandie, 34°C! Au moins ça fait un bon entraînement pour la cuisson finale dans l’Alpe d’Huez samedi prochain en début d’APM…

Début de la moisson

Début de la moisson

L’été arrive, les premières moissonneuses sont de sortie. Bon ça faisait longtemps que ça les démangeait…

Auberge de la Suisse Normande

Suisse Normande Style

Après un début de parcours classique par le Mont Pinçon je commence le volet touristique en Suisse Normande en passant par Thury-Harcourt.

Grande route Pont d'Ouilly

Grande route vers Pont d'Ouilly

Jusqu’à Pont d’Ouilly les routes sont larges et balayées par le vent. Ajoutez à ça un faux plat montant quasi continu et un revêtement granuleux à souhait et il n’en faut pas plus pour être collé au bitume…

Lot Style

Lot Style

Après la bifurcation pour Clécy on quitte la Suisse pour un paysage Lot Style avec chênes partout et rocaille. Avec le cagniard on s’y croirait presque: vivement les vacances!

Clecy

Clécy

A Clécy on peut descendre un bout de l’Orne en canoé, mais ça sera pour une prochaine fois.

Jura Style

Jura Style

En remontant vers Saint-Jean le Blanc le paysage change à nouveau pour ressembler un peu au Jura. En tout cas c’est aussi sauvage…

36°C

36°C

Il fait de plus en plus chaud, je commence à me dire que ce n’était pas très malin de partir rouler 7h sous une telle chaleur…

ombre

L'ombre est rare...

200m d’ombre = 200m de roue libre, le top! Et puis ça me rappelle la chasse à l’ombre dans la montée de l’Alpe… Ceux qui ont fait La Marmotte savent en quoi ça consiste!

Ravitaillement

Vive le Coca-Cola!

Après une deuxième pause ravito au Bény Bocage je prends le chemin du retour, anéanti par la chaleur.
Dans la dernière heure un genre de faux plat de 10km avec un vent de 3/4 brûlant me colle à la route, 220W au SRM max, c’est l’horreur! Du coup nouvel arrêt dans l’église d’un bled à 20 minutes de chez moi… Au frais, merci!

Bilan de la journée, 7h de vélo, mission accomplie. Pour ce qui est de la performance pure et du plaisir, il faudra repasser un jour de températures normales…

Course 2011-04 La Time Megève Mont-Blanc

Dimanche 12 Juin 2011
Trophée Label d’Or FFC
133km – 3300D+
1900 partants au total

Cyclosportive Time Megève Mont-Blanc 2011Cette année le départ a lieu à Sallanches, il faudra enchaîner la Colombière, la Croix Fry, les Aravis et les Saisies avant d’arriver à Megève. Pas de stress, mon dossard protégé me permet de m’échauffer correctement avant de retrouver Alban en tête de peloton, quelques minutes seulement avant que la course ne soit lancée.

Alban et moi

L'iPhone d'Alban nous immortalise au départ

La fréquentation est un peu en baisse par rapport aux années précédentes, mais malgré tout le peloton reste impressionnant. Après quelques secondes de silence en mémoire de Boris, victime l’an passé d’une chute mortelle, le départ est donné.

Courbe de puissance SRM Time Megève Mont-Blanc 2011L’objectif est simple: rester en tête de course jusqu’au pied de la Colombière. En roulant intelligemment, ça devrait pouvoir se faire sans dépenser trop de forces. Quitte à partir avec les costauds autant en profiter pour leur sucer la roue héhéhé… et puis ça fera quelques minutes de gagnées sur le gros de la troupe.
Aussitôt dit, aussitôt fait. A peine le portique de départ passé, on embraye pour rester devant. Finalement ça ne roule pas si fort, je m’attendais à ce que les pros mettent tout le monde en file indienne à 50-55 au compteur. Au lieu de ça la tête du peloton est assez compacte, ça frotte comme dans les cyclos de plaine, au milieu des ronds-points et des ilots directionnels, que les inconscients s’obstinent à contourner par la gauche de la route…
Scionzier est atteint en 24 minutes à 43km/h de moyenne et « seulement » 254W NP, tranquille.

Le gyrophare de la voiture ouvreuse est juste devant, mais plus pour longtemps car dès le pied du Col de la Colombière (1613m – 17km – 6,5%) c’est chacun pour soi. Alban me double définitivement après quelques minutes, un vrai avion… Le SRM affiche 280-290W durant les 20 premières minutes, puis le passage au Reposoir est l’occasion de lever le pied, il faut en garder pour les autres ascensions. La longue et (très) dure ligne droite finale me permet d’estimer mon retard sur la tête de course à 6-7minutes environ. Pas si mal pour une ascension de 1h02 à 270W NP. Le premier ravitaillement est expédié en une trentaine de secondes seulement, merci aux bénévoles.

Après le Grand Bornand une espèce faux plat casse patte m’annonce que je vais être en sub-crampes toute la journée (quadriceps limite dès que je me mets en danseuse après un long temps de roue libre). A mon avis je n’ai pas assez bu hier soir, et le sel du jambon et du fromage ont fait le reste.
A Saint Jean de Sixt c’est déjà la bifurcation entre le petit et les autres parcours. A droite direction Thônes et sa ligne droite à près de 80km/h. Heureusement il n’y a pas de vent, avec les Lightweight c’est pas plus mal.

Le Col de la Croix Fry (1467m – 12km – 6,7%) arrive vite, en général c’est là qu’on sait si ça va le faire ou pas pour le reste de la course. Jusqu’à Manigod ça va pas mal, il y a déjà moins d’avions que dans la Colombière: les vrais costauds sont devant, les autres ont explosé! Je gère sans m’affoler à 250W NP jusqu’au sommet. Au lieu de m’enflammer un peu dans le 1er col j’aurais mieux fait d’en garder un peu plus pour la suite… Cette fois pas de ravito, les Aravis sont proches.

Oldenhorn dans le Col des Aravis

Maillot ouvert, ça chauffe

Après une courte descente jusqu’à La Clusaz où on rejoint le petit parcours il faut enchaîner sur le final du Col des Aravis (1486m – 3,6km – 6,4%), avec ses 2-3 larges lacets au milieu des alpages, superbe. Une formalité à 252W NP sans forcer. Nouvelle pause boisson au sommet avant d’entamer la descente la plus dangereuse du parcours. Il y a eu une chute dans le tunnel, comme d’habitude. L’absence du SAMU est rassurante. Encore un qui s’est pris le mur côté gauche, mais sans trop de dégâts par chance. La course est neutralisée pendant une dizaine de minutes, on repart doucement en file indienne jusqu’à Flumet, ce qui n’empêche pas les gros malins de couper les virages et de doubler par la droite. A part une greffe de cerveau, on ne peut rien pour eux…

Le Col des Saisies (1650m – 14km – 5,2%) est le dernier de la journée. Cette année on ne descend pas les Gorges de l’Arly mais on remonte direction Megève avant de tourner à droite à la fromagerie. Après la bifurcation du moyen et du grand parcours il n’y a plus grand monde sur la route, la montée s’annonce assez solitaire! Après 1km je croise déjà les premiers: une échappée de 8 avec 1 Saur-Sojasun, 3 Ag2r, 1 FdJ et l’incontournable Nicolas Roux auxquels ils laisseront finalement la victoire à Megève… Niveau relevé!
La 4ème et dernière ascension s’annonce usante, d’autant qu’on emprunte le traditionnel détour par Crest Voland qui avec sa petite descente ajoute une bonne centaine de mètres de D+.
Je suis le plus souvent en 39×29, un peu collé, avec pas mal de fatigue dans les bras et le haut du dos. Personne ne me double dans la montée, c’est toujours bon pour le moral, surtout que je rattrape une bonne dizaine de coureurs. Au moins la capteur de puissance permet de bien gérer son effort en montagne! 245W NP dans ce dernier col, il ne reste plus qu’à rentrer sur Megève.
Heureusement la DDE a refait la route dans les passages les plus mauvais depuis mon passage de la fin Avril, ce qui rend la descente un peu moins cahotique.
De Flumet à Megève on a le vent de dos pour une fois, ça aide bien pour ce long faux-plat montant!

Je passe la ligne en 5h02 temps compteur, 5h13 temps organisation. Les 10 minutes d’arrêt forcé dans la descente des Aravis ne changent pas grand chose au classement final. Meilleure perf. sur la Time à 239W NP contre 228 en 2010 avec 600D+ en moins et 232 en 2009.
112/476 sur le 133kms, les temps de passage intermédiaires à la Croix Fry montrent que sur le 105 je me serais situé aux environ de la 50ème place/675.
Globalement je suis donc satisfait même si les quasiment 3 semaines d’arrêt forcé au mois de Mai ont bien cassé ma préparation. A la Marmotte ça va être chaud car le D+ n’a rien à voir…

Course 2010-04 Alpen Brevet (Suisse-Cyclo)

Samedi 14 Août 2010
176km – 5200m D+
1500 partants

Alpen Brevet
Réveil à 5h30. Ouch! Temps nuageux mais pas de pluie, 12°C.

6h30, sur le vélo, direction le départ. Auto-discipline Suisse, une merveille: chacun se place dans le sas correspondant à la vitesse moyenne qu’il prévoit: de 14 à 26km/h, faites votre choix! A des années lumières du joyeux bordel qu’est La Marmotte… Autre différence, il n’y a pas de cycliste du dimanche, que des coursiers, c’est impressionnant.

6h45, c’est parti. Death or Glory.

Innertkirchen

Innertkirchen

Dès la sortie de Meiringen, ça flingue à tout va. Patience, 245W NP, la route est longue.

Sustenpass I (2224m; 1494D+; 26,7km)
C’est la première fois que je monte par ce côté. Vu que ce n’était pas prévu, je n’ai pas étudié le profil avant de venir. Dans mes souvenirs, il y a une longue phase d’abord, façon Bourg d’Oisans – Col du Lautaret.

Pied du Sustenpass

Pied dans la forêt

Effectivement, on emprunte une succession de montées – replats. Tout ce que je déteste, impossible de trouver son rythme, il faut sans arrêt alterner entre 34 et 50 dents.
Les premiers kilomètres serpentent entre les sapins, les paysages sont superbes, et la chaussée parfaite.

Sustenpass

Sustenpass

La route emprunte de nombreux tunnels, une merveille d’ingénierie.

Steingletscher

Steingletscher

Globalement, chacun est à sa place. Rien à voir avec les bouchons du Col du Glandon, où c’est la guerre pour passer…

Lacets du Sustenpass

Arrivée en altitude

Petit à petit on arrive en haute montagne, et on s’approche des nuages. Un allemand me demande à combien de watts je monte : « 240W, easy! ». Je navigue sans arrêt aux alentours d’une fille, Tina indique son dossard. Elle a fière allure sur son Trek Madone.

Steingletscher

Glacier

Je ne sais pas si les suisses veulent continuer à bâcher leurs glaciers pour les protéger du réchauffement climatique, mais en tout on en distingue plusieurs quand il n’y a pas trop de brouillard…

Haut du Sustenpass

Lacets sur le haut

Pont sur la route du Sustenpass

Pont à l'irlandaise

Au sommet (2224m), il fait 9°C et il pleut. Le Rain Brevet a commencé! 236W NP, tranquille. Orgie de gels et barres Maxim au ravito. Jusqu’ici tout va bien…

Sommet du Sustenpass

Sommet du Sustenpass

La descente jusqu’à Wassen est glaciale. Passé 60km/h, avec les Lightweight la moindre rafale de vent est assez flippante. Impossible de rouler droit, pas assez d’inertie. Je rêve d’une paire de Cosmics à 1800g!

Gotthardpass I (2106m; 1116D+; 17,4km)J’arrive péniblement en bas (1300D-) frigorifié, pour la partie la plus pénible du parcours, de Wassen à Andermatt. C’est un peu comme faire du vélo sur le Périph’ de Paris, le dénivelé en plus.

Wassen

Wassen

La route monte dans une succession de tunnels et de pare avalanche, au milieu des gaz d’échappement. Mercedes SLK, Audi RS et autres Porsche se succèdent.

Pare avalanche dans le Gotthardpass

Pare avalanche dans le Gotthardpass

Je ne me sens pas trop mal dans les épingles à cheveux, le Trek Madone est derrière.

Gotthardpass

Gotthardpass

Les derniers kms sont effectués sur l’ancienne route pavée. Au moins il n’y a pas de voitures!

Vive les pavés

Apéritif pavé

Arrivée au sommet à 235W, nouvel arrêt au ravito. Vu l’heure, ça va être juste pour arriver à Airolo avant le cut du Platin Tour…

Descente un peu moins glaciale, on évite une bonne partie des pavés mais il reste quelques tronçons sur le bas. J’avance pas, ça secoue, c’est l’horreur…

Arrivée à Airolo à 11h15, heure du cut.

Airolo

Airolo

Le ravitaillement est installé à la gare. Gold ou Platin, telle est la question. Empire state of Mind me dit d’y aller, mais la raison l’emporte, ce sera le Gold Tour une nouvelle fois. En effet en 2009 j’étais arrivé 1/2h plus tôt, il y avait 300m D+ en moins jusque là, et finir vers 20h n’est pas très raisonnable…
Au carrefour, le signaleur m’interroge, « Gold or Platin? » – « Gold!« . A gauche, retour à Meiringen. Le Trek Madone prend à droite juste devant moi.  Elle finira en 14h, chapeau bas!

Gotthardpass II (2106m; 901D+; 12,9km)

Tremola

Tremola

C’est l’heure de remonter par l’ancienne route, quasiment intégralement pavée. Moment unique!

Lacets + Pavés = Inoubliable

Lacets + Pavés = Inoubliable

Impossible de se mettre en danseuse, chasse au caniveau, 34×29. Un truc de fou ce col!

Fin de la montée dans le brouillard

Fin de la montée dans le brouillard

230W NP, ça commence à baisser. Stratégiquement, je m’arrête au sommet plutôt qu’à Andermatt. Sandwich Gruyère + viande des Grisons. Yes!

Nouvelle descente, par l’autoroute! 85km/h, les voitures ne roulent pas assez vite. Je me refais une ou deux frayeurs avec le vent…

Descente du Gotthardpass sur l'autoroute

Descente du Gotthardpass sur l'autoroute

Retour à Wassen pour le Susttenpass II (2124m; 1264D+; 17,2km).
Pas de problème au pied, je double un paquet de monde. J’ai la vision un peu scintillante assez rapidement, signal d’alerte ignoré dans l’euphorie du moment.

Meien

Meien

Après 850D+, c’est l’explosion pure et simple, avec une bonne grosse fringale des familles. Quand je réalise, il est trop tard, je suis tombé à 140W!

Hypoglycémie

Hypoglycémie

Je finis par m’arrêter 10 minutes pour manger et boire. Mes victimes du pied du col me doublent d’un air triomphant…
Je termine les 400 derniers mètres à 215W NP, ridicule…

Tunnel au sommet du Sustenpass

Tunnel au sommet du Sustenpass

Après le tunnel, sans brouillard cette fois,  je m’arrête longuement au ravito. 10°C et pluie battante. Après 3 verres de soupe bouillante, je sors les genouillères et les gants longs pour entamer la longue descente jusqu’à Innertkirchen. Je suis tellement à l’ouest que j’ai mis du Coca dans mon bidon…

Frigorifié en Août

Frigorifié en Août

Impossible de rouler droit tellement j’ai les bras qui tremblent… On finit la descente à 3, puis je pars tout seul dans la côte d’Innertkirchen, pour finalement passer la ligne à Meiringen en 8h17 temps compteur, 8h46 temps organisation.

60ème/475. Pas si mal, malgré la méga hypoglycémie.
Pluie, froid, plus de 5000D+, encore une journée de vélo Epique avec un grand E. Mais est-ce que ce n’est pas pour ça qu’on s’entraîne toute l’année?

Meiringen J-1


Alpen Brevet
Privé de Marmotte cette année, je tente une nouvelle fois l’Alpen Brevet, aux confins de la Suisse alémanique.

Les Hôpitaux Neufs

Les Hôpitaux Neufs

Départ de la maison jeudi en début d’après midi, avec tout le barda habituel. L’objectif est de faire étape aux Hôpitaux Neufs, juste avant Vallorbe et la frontière. Il n’y a que 708 habitants, mais j’y passe si souvent que je suis presque un local…

Centre Ville de Meiringen

Meiringen

Arrivée vendredi en milieu de matinée à Meiringen. Montage de camp ultra-rapide (tente Quechua 2 secondes, simplement génial), et j’enfourche mon vélo pour la traditionnelle sortie de décrassage.

Innertkirchen

Gendarmerie d'Innertkirchen

Je traverse Innertkirchen avant de prendre la direction du Grimselpass, premier col du parcours.
La Suisse Alémanique est toujours impressionnante, avec ses montagnes et son ciel menaçants. Les maisons et les bâtiments officiels arborent souvent un drapeau jaune marqué d’un aigle noir, limite Nazi.

Drapeau de la Suisse Alémanique

Un peu Nazi, non?

Chaque année je suis impressionné par cet environnement lugubre, on se croirait dans Les Rivières PourpresMens sana in corpore sano.

Sortie d'Innertkirchen en direction du Grimselpass

Sortie d'Innertkirchen en direction du Grimselpass

J’aborde le début du Grimselpass tranquillement, 220W au SRM. L’idée est de monter pendant 45 minutes environ, puis de faire demi-tour et descendre full gaz pour tester le freinage en configuration Lightweight/descente de col.

Route du Grimselpass

Route du Grimselpass

Mauvaise surprise, la route est barrée après quelques kilomètres: des coulées de boue et des risques d’éboulement rendent le passage trop risqué…  Il faut donc s’attendre à un changement de parcours de dernière minute, bof.

Les 560m de D- jusqu’au camping sont avalés sans problème. Lightweight + patins Swisstop = freinage brutal mais efficace. En bas, les jantes sont brûlantes. Trop apparemment pour des chambres à air latex, qui sont déconseillées dans la notice CarbonSports!

Après une descente de routine à la Coop (Cailler, Ramseier), c’est l’heure de retirer le dossard et la puce électronique de chronométrage.

Retrait des dossards

Retrait des dossards

Ce que je redoutais est arrivé, pas de Grimselpass, Nufenenpass et Furkapass. Le départ se fera par le Sustenpass et Andermatt, puis pour le Gold et le Platin Tour le Gotthardpass jusqu’à Airolo.

Parcours modifié

Parcours modifié

En gros, on emprunte à l’aller et au retour le passage le plus ennuyeux et dangereux à cause de la circulation infernale, entre Wassen et Andermatt… Et si ça se trouve il faudra même descendre du Gotthardpass à Airolo par la route pavée! Paris-Roubaix, mais en descente, ça promet…

De retour au camping, je prépare tranquillement le matériel. Bidons, dossard, alimentation, vêtements. Vu les prévisions météo, pas de pitié : départ en cuissard court, manchettes et gilet sans manches, jambes huilées. Dans les poches: imper, genouillères, gants d’hiver.

Une orgie de pâtes (complètes) à la fondue moitié-moitié et le passage en boucle de Empire State of Mind (Jay Z feat. Alicia Keys) achèveront de me galvaniser.

Just do it!

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