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Course 2010-04 Alpen Brevet (Suisse-Cyclo)
Samedi 14 Août 2010
176km – 5200m D+
1500 partants

Réveil à 5h30. Ouch! Temps nuageux mais pas de pluie, 12°C.
6h30, sur le vélo, direction le départ. Auto-discipline Suisse, une merveille: chacun se place dans le sas correspondant à la vitesse moyenne qu’il prévoit: de 14 à 26km/h, faites votre choix! A des années lumières du joyeux bordel qu’est La Marmotte… Autre différence, il n’y a pas de cycliste du dimanche, que des coursiers, c’est impressionnant.
6h45, c’est parti. Death or Glory.
Dès la sortie de Meiringen, ça flingue à tout va. Patience, 245W NP, la route est longue.
Sustenpass I (2224m; 1494D+; 26,7km)
C’est la première fois que je monte par ce côté. Vu que ce n’était pas prévu, je n’ai pas étudié le profil avant de venir. Dans mes souvenirs, il y a une longue phase d’abord, façon Bourg d’Oisans – Col du Lautaret.
Effectivement, on emprunte une succession de montées – replats. Tout ce que je déteste, impossible de trouver son rythme, il faut sans arrêt alterner entre 34 et 50 dents.
Les premiers kilomètres serpentent entre les sapins, les paysages sont superbes, et la chaussée parfaite.
La route emprunte de nombreux tunnels, une merveille d’ingénierie.
Globalement, chacun est à sa place. Rien à voir avec les bouchons du Col du Glandon, où c’est la guerre pour passer…
Petit à petit on arrive en haute montagne, et on s’approche des nuages. Un allemand me demande à combien de watts je monte : « 240W, easy! ». Je navigue sans arrêt aux alentours d’une fille, Tina indique son dossard. Elle a fière allure sur son Trek Madone.
Je ne sais pas si les suisses veulent continuer à bâcher leurs glaciers pour les protéger du réchauffement climatique, mais en tout on en distingue plusieurs quand il n’y a pas trop de brouillard…
Au sommet (2224m), il fait 9°C et il pleut. Le Rain Brevet a commencé! 236W NP, tranquille. Orgie de gels et barres Maxim au ravito. Jusqu’ici tout va bien…
La descente jusqu’à Wassen est glaciale. Passé 60km/h, avec les Lightweight la moindre rafale de vent est assez flippante. Impossible de rouler droit, pas assez d’inertie. Je rêve d’une paire de Cosmics à 1800g!
Gotthardpass I (2106m; 1116D+; 17,4km)J’arrive péniblement en bas (1300D-) frigorifié, pour la partie la plus pénible du parcours, de Wassen à Andermatt. C’est un peu comme faire du vélo sur le Périph’ de Paris, le dénivelé en plus.
La route monte dans une succession de tunnels et de pare avalanche, au milieu des gaz d’échappement. Mercedes SLK, Audi RS et autres Porsche se succèdent.
Je ne me sens pas trop mal dans les épingles à cheveux, le Trek Madone est derrière.
Les derniers kms sont effectués sur l’ancienne route pavée. Au moins il n’y a pas de voitures!
Arrivée au sommet à 235W, nouvel arrêt au ravito. Vu l’heure, ça va être juste pour arriver à Airolo avant le cut du Platin Tour…
Descente un peu moins glaciale, on évite une bonne partie des pavés mais il reste quelques tronçons sur le bas. J’avance pas, ça secoue, c’est l’horreur…
Arrivée à Airolo à 11h15, heure du cut.
Le ravitaillement est installé à la gare. Gold ou Platin, telle est la question. Empire state of Mind me dit d’y aller, mais la raison l’emporte, ce sera le Gold Tour une nouvelle fois. En effet en 2009 j’étais arrivé 1/2h plus tôt, il y avait 300m D+ en moins jusque là, et finir vers 20h n’est pas très raisonnable…
Au carrefour, le signaleur m’interroge, « Gold or Platin? » – « Gold!« . A gauche, retour à Meiringen. Le Trek Madone prend à droite juste devant moi. Elle finira en 14h, chapeau bas!
Gotthardpass II (2106m; 901D+; 12,9km)
C’est l’heure de remonter par l’ancienne route, quasiment intégralement pavée. Moment unique!
Impossible de se mettre en danseuse, chasse au caniveau, 34×29. Un truc de fou ce col!
230W NP, ça commence à baisser. Stratégiquement, je m’arrête au sommet plutôt qu’à Andermatt. Sandwich Gruyère + viande des Grisons. Yes!
Nouvelle descente, par l’autoroute! 85km/h, les voitures ne roulent pas assez vite. Je me refais une ou deux frayeurs avec le vent…
Retour à Wassen pour le Susttenpass II (2124m; 1264D+; 17,2km).
Pas de problème au pied, je double un paquet de monde. J’ai la vision un peu scintillante assez rapidement, signal d’alerte ignoré dans l’euphorie du moment.
Après 850D+, c’est l’explosion pure et simple, avec une bonne grosse fringale des familles. Quand je réalise, il est trop tard, je suis tombé à 140W!
Je finis par m’arrêter 10 minutes pour manger et boire. Mes victimes du pied du col me doublent d’un air triomphant…
Je termine les 400 derniers mètres à 215W NP, ridicule…
Après le tunnel, sans brouillard cette fois, je m’arrête longuement au ravito. 10°C et pluie battante. Après 3 verres de soupe bouillante, je sors les genouillères et les gants longs pour entamer la longue descente jusqu’à Innertkirchen. Je suis tellement à l’ouest que j’ai mis du Coca dans mon bidon…
Impossible de rouler droit tellement j’ai les bras qui tremblent… On finit la descente à 3, puis je pars tout seul dans la côte d’Innertkirchen, pour finalement passer la ligne à Meiringen en 8h17 temps compteur, 8h46 temps organisation.
60ème/475. Pas si mal, malgré la méga hypoglycémie.
Pluie, froid, plus de 5000D+, encore une journée de vélo Epique avec un grand E. Mais est-ce que ce n’est pas pour ça qu’on s’entraîne toute l’année?
Meiringen J-1
Privé de Marmotte cette année, je tente une nouvelle fois l’Alpen Brevet, aux confins de la Suisse alémanique.
Départ de la maison jeudi en début d’après midi, avec tout le barda habituel. L’objectif est de faire étape aux Hôpitaux Neufs, juste avant Vallorbe et la frontière. Il n’y a que 708 habitants, mais j’y passe si souvent que je suis presque un local…
Arrivée vendredi en milieu de matinée à Meiringen. Montage de camp ultra-rapide (tente Quechua 2 secondes, simplement génial), et j’enfourche mon vélo pour la traditionnelle sortie de décrassage.
Je traverse Innertkirchen avant de prendre la direction du Grimselpass, premier col du parcours.
La Suisse Alémanique est toujours impressionnante, avec ses montagnes et son ciel menaçants. Les maisons et les bâtiments officiels arborent souvent un drapeau jaune marqué d’un aigle noir, limite Nazi.
Chaque année je suis impressionné par cet environnement lugubre, on se croirait dans Les Rivières Pourpres… Mens sana in corpore sano.
J’aborde le début du Grimselpass tranquillement, 220W au SRM. L’idée est de monter pendant 45 minutes environ, puis de faire demi-tour et descendre full gaz pour tester le freinage en configuration Lightweight/descente de col.
Mauvaise surprise, la route est barrée après quelques kilomètres: des coulées de boue et des risques d’éboulement rendent le passage trop risqué… Il faut donc s’attendre à un changement de parcours de dernière minute, bof.
Les 560m de D- jusqu’au camping sont avalés sans problème. Lightweight + patins Swisstop = freinage brutal mais efficace. En bas, les jantes sont brûlantes. Trop apparemment pour des chambres à air latex, qui sont déconseillées dans la notice CarbonSports!
Après une descente de routine à la Coop (Cailler, Ramseier), c’est l’heure de retirer le dossard et la puce électronique de chronométrage.
Ce que je redoutais est arrivé, pas de Grimselpass, Nufenenpass et Furkapass. Le départ se fera par le Sustenpass et Andermatt, puis pour le Gold et le Platin Tour le Gotthardpass jusqu’à Airolo.
En gros, on emprunte à l’aller et au retour le passage le plus ennuyeux et dangereux à cause de la circulation infernale, entre Wassen et Andermatt… Et si ça se trouve il faudra même descendre du Gotthardpass à Airolo par la route pavée! Paris-Roubaix, mais en descente, ça promet…
De retour au camping, je prépare tranquillement le matériel. Bidons, dossard, alimentation, vêtements. Vu les prévisions météo, pas de pitié : départ en cuissard court, manchettes et gilet sans manches, jambes huilées. Dans les poches: imper, genouillères, gants d’hiver.
Une orgie de pâtes (complètes) à la fondue moitié-moitié et le passage en boucle de Empire State of Mind (Jay Z feat. Alicia Keys) achèveront de me galvaniser.
Just do it!
Dicton du jour
« Sans alimentation adaptée, tu peux pas avancer »
Nouvelle chevauchée en direction de Montreux, avec une impression étrange qui ne me quittera pas de la matinée, je manque de carburant.
N’ayant pas vraiment prévu de sortir sur la route cette semaine, je suis parti sans boisson énergétique, sans barres dignes de ce nom et une chose est sûre, je ne mesurais pas bien l’importance des poudres isotoniques…
En sub-hypoglycémie tout du long malgré les 4 barres de céréales Balisto ingurgitées tour à tour, j’ai payé l’addition dans la montée finale, avec seulement 253W de moyenne contre 283 la veille!






























