Course 2009-8 – La Marmotte (38-Cyclo)

Samedi 04 Juillet 2009
174km – 4900m de dénivelé
7400 partants

Cyclosportive de montagne La Marmotte 2009

Arrivée sur place jeudi soir au camping dans Bourg d’Oisans, à 500m environ du départ… On se croirait en Hollande, ça parle flamand dans tous les coins! La plupart des campeurs sont ici pour La Marmotte.

Col d’Ornon - Parc National des Ecrins

Vendredi matin décrassage au Col d’Ornon, 11km à 6%. 206W NP, tranquille. Il fait beau et il y a déjà des vélos dans tous les coins. Je discute en montant avec un Guide de Haute Montagne, 64 ans, qui a déjà participé à plusieurs Pierra Menta… La Marmotte fait polémique dans la région, la vallée de Bourg d’Oisans est ravie de ses retombées économiques (15000 personnes environ à nourrir, héberger pendant plusieurs jours), mais la vallée de la Maurienne se plaint des hordes de cyclistes qui ne respectent pas le Code de la Route et abandonnent leurs papiers partout… Sport Communication est unanimement critiquée pour les déficiences multiples de l’organisation (manque de signaleurs, ramassage des déchets, etc.).

Après une pause déjeuner, je prends la voiture pour monter à l’Alpe d’Huez chercher ma plaque de cadre et ma puce électronique. Même sans vélo la montée est impressionnante, les rampes après chaque virage ont un pourcentage hallucinant.
J’ai rendez-vous avec Alban Lorenzini et sa tribu, on traîne un peu sur l’expo commerciale avant de déguster une glace et de discuter stratégie pour le lendemain. La grande question est « Peut-on griller le ravito du Glandon sans arriver lyophilisés au sommet du Télégraphe? ».  D’après les (fausses) infos Sport Com il n’y a pas de point d’eau entre les 2… Il faudra donc forcément s’arrêter! On décide de monter les cols à 240W NP et si possible d’aller ensemble jusqu’à Saint Michel de Maurienne. Après ce sont les jambes qui décideront! L’objectif n’est plus de 7h15 mais de 7h30 suite à l’oubli des 2 petites descentes dans le Glandon dans les calculs du tableau de marche (voir ici).

Un petit passage au supermarché Casino de Bourg d’Oisans me confirme une nouvelle fois l’intérêt économique de La Marmotte pour la région, la tête de gondole Isostar est tout simplement dévalisée…

Supermarché Casino - Le Bourg d’Oisans

Samedi matin je retrouve Alban à 7h10 au rond-point en bas de la descente de l’Alpe d’Huez. Pas de trace d’Obélix malgré le message laissé sur son blog la veille. C’est logique, vu son bon dossard il pouvait partir dans la première vague. On se rencontrera sans doute une prochaine fois…

Grand ciel bleu, chaude journée en perspective… 7h25, on prend place au départ. Alban est décontracté et fait des photos.

Alban Lorenzini à La Marmotte 2009

Les SRM sont étalonnés, c’est le moment d’y aller… Je crois bien que c’est la première fois que je roule avec quelqu’un qui a un capteur de puissance! Les quelques kilomètres de Bourg d’Oisans à Allemont et le barrage du Verney se font dans une ambiance bon enfant mais sérieuse.
Le pied du Col du Glandon est atteint en 30′ pile, contre 28′ en 2008. 2′ de retard, ce n’est pas grand chose, mais quand on espère gagner près de 25′ sur l’ensemble du parcours (7h30 en 2009 vs 7h53 en 2008), c’est un peu bête de perdre du temps sur le plat…
Il y a pas mal de monde dans l’ascension proprement dite, il faut slalomer pour se frayer un passage parmi les cyclos les moins rapides. Alban aime bien les petites accélérations pour doubler, je préfère contourner au large, sans à coup. On est souvent au-dessus des 240W, rarement en dessous, mais on arrive à discuter, c’est qu’on en a (encore) sous la pédale. En fait Alban pèse 5kg de moins que moi, donc à vitesse équivalente, je suis souvent à 5-10W de plus…

Barrage de Grand Maison - Col du Glandon

Petite pause pour satisfaire un besoin naturel au niveau du Barrage de Grand Maison, puis c’est le passage au sommet du Glandon, en 1h53 contre 1h54 en 2008, 252W NP en dehors des 2 petites descentes.
C’est un peu bizarre, car en 2008 j’avais environ 220W NP pour un temps supérieur seulement de 3′ pour la totalité de l’ascension. La différence de puissance me paraît importante pour une si faible différence de temps, sachant que:
– même poids de vélo et de coureur,
– SRM (2009) vs Ergomo (2008)
– étalonnage du SRM et de l’Ergomo à priori corrects.
Peut-il y avoir une histoire de vent? De résistance au roulement lié aux conditions climatiques?

Après un arrêt rapide au ravitaillement pour remplir les bidons, on bascule vers la vallée de la Maurienne. Peut-être que je m’habitue, mais il me semble y avoir moins de kamikazes que les années précédentes. A mi-descente, c’est la crevaison pour Alban, qui change de chambre à air en un temps record, ça me rappelle 2007…

On atteint la vallée en 2h24. Il nous faudra 43′ de plus pour atteindre le pied du Télégraphe bien au chaud dans un peloton de hollandais. 2′ de retard à nouveau sur 2008.

L’heure de vérité approche. Je suis bien décidé cette fois à ne pas dépasser les 240W pour ne pas risquer d’exploser dès le Galibier. Alban prend un peu d’avance par moment, mais on atteint le sommet quasiment en même temps. 3h59, 244W NP, jusqu’ici tout va bien. On a repris à nouveau 3′ dans l’ascension, mais cette fois avec 40W NP de plus qu’en 2008. De plus en plus étrange…

Comme d’habitude, la descente sur Valloire est bien trop courte pour espérer récupérer…

Première vraie pause au ravitaillement des Verneys, les choses sérieuses vont vraiment débuter avec l’ascension du Col du Galibier. L’heure de vérité approche! J’ai un peu de mal à redémarrer après le ravito, puis je connais un bon passage d’environ 7km aux alentours de Plan Lachat (235W NP), où Alban lâche un peu de lest et s’arrête au point d’eau, pour mieux me doubler dans les 3 derniers kms où je commence à plafonner sérieusement (220W NP).

Col du Galibier

Le sommet du Galibier est atteint en 5h27, 4′ gagnées dans l’ascension par rapport à 2008, 230W NP au total (vs 191). Je suis cuit, je sens que la descente va être pénible…

Pas d’autre solution que de rester quasiment tout le temps dans les roues jusqu’à Bourg d’Oisans… En tête de peloton, c’est Alban qui fait la majeure partie du travail. Il fait de plus en plus chaud, j’ai l’impression de descendre dans une fournaise. 39°C au SRM au pied de l’Alpe d’Huez… On atteint le pied de l’ascension finale en 6h39 contre 6h37 en 2008. C’est mort pour les 7h30, il aurait fallu y arriver en 6h25 et tenir le rythme dans les 21 virages…

Je suis carbonisé, Alban part devant, et cette fois je ne le reverrai plus avant l’arrivée. A chaque virage je m’asperge d’eau pour me rafraîchir, et à La Garde je m’arrête carrément pour m’offrir une douche complète. Je donnerais tout ce que j’ai pour une piscine de Badoit… C’est ma 4ème Marmotte, et si la souffrance physique est toujours élevée dans l’Alpe, je gère mieux l’aspect psychologique : J’arriverai en haut, y’a pas moyen! Finalement je franchis la ligne 4′ derrière Alban, en 7h54, soit 1′ de plus qu’en 2008. Dernière ascension à 205W NP contre 190 l’année passée.

Photo Marmotte 2009

Au final, cette édition 2009 de la Marmotte restera particulière.
C’est la première fois que je fais la route avec quelqu’un, et même si c’est avant tout une épreuve individuelle c’est quand même plus sympa! Le revers de la médaille, c’est que le départ un peu rapide dans le Glandon m’a sans doute coûté pas mal de temps dans l’ascension de l’Alpe d’Huez. Pas facile de ne pas se laisser prendre au jeu en début de parcours. L’addition se règle quelques heures plus tard…
Je m’interroge pas mal sur les différences de puissance entre les ascensions 2008 et 2009. L’écart me paraît bien élevé par rapport au temps gagné. Mauvaise répétabilité des mesures?
Je suis un peu déçu par le temps final, le temps durement gagné dans les montées (11 minutes) a été reperdu « bêtement » sur le plat et dans les descentes, c’est frustrant…
Mes problèmes de mollet droit n’ont sans doute pas contribué à l’amélioration de mon temps. Il aurait été intéressant de pouvoir comparer les puissances Jambe droite-Jambe gauche pour avoir une idée de l’influence de ce problème physique.
Enfin, les conditions climatiques (chaleur, vent) ont sans doute rendu la course plus difficile, car à temps « organisation » égal, j’ai gagné plus de 200 places au classement (1020ème vs 1240ème).

En tout cas c’était vraiment cool de rouler avec Alban (merci pour les photos), et le côté positif de l’objectif non atteint, c’est qu’il n’y a plus qu’à revenir l’année suivante pour faire mieux!

3 réflexions sur « Course 2009-8 – La Marmotte (38-Cyclo) »

  1. Salut Benoit, oui c’etait vraiment cool de rouler ensemble. Le temps passe vraiment plus vite. Dommage pour ma crevaison, on aurait gagner 80 places de plus au classement mais bon c’etait surtout le temps compteur qui comptait! Je pense que ton ergomo n’etait pas tres fiable. L’année derniere par ex pour le glandon j’avais 220 w au powertap de NP pour 3 min de +/2009. Soit assez coherent par rapport aux données SRM si tu rajoute 5 kg ou 20 w ( 4kg/w) pour toi.
    Eh oui l’année prochaine: objectif maintenir enfin les 230 w dans l’alpe?

  2. Bravo Benoit! Dommage que nous n’ayons pas été dans le meme SAS, cela aurait été sympa de rouler ensemble, au moins au début!

    Pour tes puissances, je crois que la différence provient de l’Ergomo qui ne devait pas être totalement bien calibré, mais combien pèse tu?
    Car nos puissances dans le Galibier et l’Alpe semblent similaires…as tu comparé avec un calculateur?

    Bref, une bien belle aventure humaine…

  3. Alban:
    C’est clair que l’ergomo ne devait pas être très fiable… Un peu déçu par le temps final mais ça donne un prétexte pour revenir l’année prochaine!
    Vivement que F. Grappe sorte son bouquin spécial entrainement avec un capteur de puissance. Annoncé pour Mai 2009 sur Amazon, il a été repoussé à Novembre… Nickel pour la reprise de l’entrainement!
    J’ai vu ton CR sur Velo101, tu dis que ta plus longue sortie était de 5h45, petit joueur la mienne était de 29h35!
    Bon sinon, d’après ce que j’ai vu sur le net, il n’y a pas de Vosgienne en 2009…
    Je m’oriente vers une fin de saison Grand Prix de Plouay – Levallois-Honfleur – La Viking, fini la montagne pour cette année… Même pas de Suisse fin août.
    Merci pour les vidéos de La Marmotte, c’est rigolo.

    Obélix: bravo pour ta perf, pour une première c’est excellent. Bugno est vraiment la classe au dessus pour faire un temps pareil. A l’arrivée avec Alban on se disait déjà que 7h30 (temps compteur) c’est une autre dimension…
    Au départ de la Marmotte je pesais 69,5kg (à poil). Je n’ai pas eu le courage de comparer les mesures SRM avec les calculs Awsoft. Je pense que la prochaine saison pour faire des calculs je vais me peser équipé avec le vélo bidons remplis… Car aussi bizarre que ça puisse paraître je ne l’ai encore jamais fait! D’où les erreurs plus ou moins grosses dans les prévisions…

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