Course 2009-9 – Alpen Brevet (Suisse)

Samedi 08 Août 2009
173km – 4950m de dénivelé
1300 partants au total

Alpen Brevet 2009

Réveil à 5h30. Bonne nouvelle, il ne pleut pas, il n’y a pas de brouillard et il ne fait même pas froid! Petit déj’ classique, avec un gâteau de semoule en plus.
Tout est prêt pour cette nouvelle épopée montagnarde. C’est l’inauguration « officielle » de mes nouveaux maillots aux couleurs du blog! Je pars en cuissard court avec manchettes et gilet coupe-vent, mon imper et les genouillères dans les poches. Pas de place pour les gants longs. Je ne me charge pas trop en alimentation : 1,5L d’Isostar Long Energy, 2 barres Isostar Long Energy, 1 PowerBar Harvest et 2 pâtes d’amande Gerblé. Le reste ce sera les ravitaillements de l’organisation.
6h30, en route pour la ligne de départ à 2-3km. Il y a bien des sas comme en France, mais pas basés sur les n° de dossard: chacun se place dans celui qu’il souhaite en fonction de la vitesse moyenne qu’il prévoit sur la course! Pas sûr que chez nous un tel système soit envisageable… J’imagine le trash au départ de La Marmotte… De 14 à 26km/h, Faites votre choix. Je me mets dans le 22, pas trop loin de la tête. Pas de trace de la famille Rico, vu le temps je suppose que Laure joue la supportrice. Hughes est sans doute plus devant.

Courbe SRM - Alpen Brevet 2009

6h45, c’est le départ. Auto-discipline Suisse: chacun est parti depuis le sas correspondant à son niveau. Impensable je vous dis. A la sortie de Meiringen, première côte: 2km à 5%, c’est parti pour une folle chevauchée. Tout le monde est concentré,  on ne rigole pas jusqu’à Innertkirchen

Dès le pied du Grimselpass (2165m – 26,7km – 1536m D+) c’est le début des choses sérieuses. Il fait frais mais sec, temps idéal pour rouler fort.
Je ne me sens pas terrible, un peu mal à l’aise sur le vélo. Les jambes tournent bien mais je dois sans arrêt changer de position, et je suis souvent sur le 34×26. Moral moyen… Le cut à Airolo me fait peur, il faut que je monte les 2 premiers cols (2700m de dénivelé) à 225W sans connaître de problème mécanique pour y arriver dans les temps…
L’avantage des sas Swiss Made c’est qu’on se retrouve d’entrée avec des coureurs de son niveau. On peut donc prendre un rythme et suivre un groupe sans risquer de perdre du temps ou de se mettre dans le rouge.
J’arrive au sommet après 1h53 de course. 7′ d’avance sur l’horaire, c’est toujours ça de pris. Le moral remonte. 241W NP, 74rpm.
Premier ravito, organisation au top. Bénévoles en nombre, pas de cohue. Il y a même des arrosoirs de boisson énergétique pour remplir les bidons des plus pressés… Je remplis mes bidons de Maxim Energy Drink, puis je prends méthodiquement 1 gel High Energy, 1 Energy Bar et 1 demi banane. Suite à ma dernière grosse sortie j’essaye de soigner l’alimentation glucidique. Pas question de sêcher un ravito, et au moins 1 barre énergétique au cours de chaque montée.

La descente jusqu’à Gletsch m’avait été fatale en 2008. Cette fois il fait 12° à 2000m, aucun problème. Je savoure les lacets jusqu’à l’Hôtel Glacier du Rhône, où cette fois je tourne à droite en direction d’Ulrichen. Pas de Silver Tour cette année!

On arrive direct dans le Nufenenpass (2476m  – 14km – 1135m D+). Je commence à me sentir mieux, tout content d’être parti pour au moins le Gold Tour.

Profil Nufenenpass

C’est le col le plus raide de l’Alpen Brevet. J’alterne entre le 34×26 et le 34×29, qui fait merveille dans les 7 derniers kms… Après 2000m c’est le début de la fin. Les jambes vont bien, mais on s’enfonce de plus en plus dans le brouillard et la température baisse… Remake de 2008!
Je passe au sommet en 3h48, 12′ d’avance. 237W NP, 68rpm. Au ravito la soupe chaude est appréciée par tout le monde. Je mange à nouveau méthodiquement avant de me lancer dans la descente. Je suis mieux couvert que l’année dernière, mais il pleut de plus en plus et il n’y a quasiment pas de visibilité. A chaque virage il y a un coureur à terre. Rien de grave, mais je n’ai jamais vu autant de roues carbones fracassées… Au bout de quelques kms je suis trempé…

Dans la vallée les maisons changent un peu: de Suisse Alémanique on est passés dans le Tessin. Ici on ne parle plus le Suisse allemand, mais le Suisse italien. Qu’importe, ça reste de l’Etranger, et puis il pleut toujours…

Nouveau ravitaillement à la gare d’Airolo. Je suis largement dans les temps pour le cut, mais je suis trempé et j’ai le moral dans les chaussettes. Soit c’est le Platin Tour, et il reste environ 8h de vélo et 3 cols, soit c’est le Gold et seulement 4h et 2 cols. Les gars autour de moi sont super affutés, de vrais coursiers. A la bifurcation ils tournent à droite et moi à gauche, ce sera le Gold Tour… La pluie je n’ai jamais trop aimé, et je ne me sens pas la force de refaire 8h de route en haute montagne!

J’attaque donc la montée du Passo del San Gottardo (2108m – 13km – 944m D+) un peu déçu mais sans regret. On emprunte l’ancienne route, il n’y donc quasiment pas de voitures. Après quelques centaines de mètres, il y a un passage pavé. Je trouve ça plutôt marrant, surtout que je me sens vraiment de mieux en mieux. Un peu après, ça recommence.

Passo del San Gottardo
Source: http://www.flickr.com/photos/9311562@N08/1185419302

Et fait le col est presque intégralement pavé. Je ne savais même pas que ça existait. Pensée horrifiante: et si la descente était pavée aussi? Je double pas mal de monde, on dirait le Tour des Flandres: quasi impossible de se mettre en danseuse sans patiner. Vive le 29! Tel Paris-Roubaix, on chasse le caniveau pour de courts moments de répit…
Je suis dans le même état d’esprit que pendant le RPE dans la Corniche Sublime lors de ma rencontre en pleine nuit avec les Rico. L’ascension du Gotthardpass est une expérience quasi mystique.
Je passe au sommet 236W NP, 71 rpm. Déjà 53km d’ascension et aucune baisse de régime. Nouveau ravito, je tends mon bidon au bénévole qui me pose une question incompréhensible en Etranger à laquelle je réponds par un Ya Ya signifiant en fait Ouais c’est ça remplis! Sauf que c’est de la soupe qui finit dans mon bidon sous les yeux du type très honoré qu’un français lui réclame 1L de sa préparation maison… Pas moyen de la jeter et de remplir mon bidon avec autre chose, l’honneur de la France est en jeu!

Je repars pour la descente, cette fois on emprunte la grande route, qui est une sorte d’autoroute de montagne. Bitume ultra lisse, grandes courbes quasiment sans freiner. Les voitures ne roulent pas assez vite. Normal vu que mon compteur indique 85km/h…

Le Gold et le Silver Tour se rejoignent à Andermatt pour la fin de la descente. Les derniers du petit parcours sont vraiment collés à la route.

Le passage à Wassen marque le début de l’ascension du Sustenpass (2224m – 17km – 1304m D+), dernière montée de la journée.

Sustenpass
Source: http://www.bayerntourer.de/touren/schweiz/bern-wallis/motorradtour-schweiz-bern-wallis.htm

Cette fois la fatigue est là. Je ne me souviens plus trop à quelle altitude est le col, et je commence à regarder l’altimètre toutes les 3 minutes. Mauvais signe. En plus 2 gars me doublent facilement au pied, en discutant… Dur! Les 10km en ligne droite sont particulièrement pénibles, j’ai l’impression de faire du surplace… La soupe m’écœure.
A partir de 2000m c’est à nouveau le brouillard et la pluie. Pour passer le sommet du col il faut traverser un tunnel de 300m de long en faux-plat descendant. Le brouillard est épais à l’intérieur, on n’y voit rien. Seul le halo de lumière de la sortie permet de se repérer, c’est chaud.
231W NP, 70rpm. La dernière ascension a été dure mais je ne me suis pas effondré!

Dernier ravitaillement, puis c’est la descente vers Innertkirchen. 27km pour retomber de 2224m à 625m, dans le brouillard et sous une pluie battante. Par moment je claque des dents et je suis obligé de ralentir car j’ai les bras qui tremblent… Les freins ont un temps de latence de 2s environ, il faut d’abord que les patins déjà bien entamés arrivent à évacuer l’eau des jantes… C’est bizarre au début puis on s’habitue. A 1200m je sors du brouillard, et je roule avec 2 types. L’anglais a 1 SRM, c’est le 4ème que je vois de la journée, un record, surtout si on compte aussi les 3 PowerTap.

On arrive dans la dernière côte, chacun monte à son rythme, puis c’est l’arrivée à Meiringen, sous les applaudissements des courageux qui bravent la pluie. Look serpillière garanti pour tous les coureurs…
8h03 temps compteur, 8h22 temps organisation.

Au classement (non officiel) je termine 40è/559 sur le Gold Tour. Super parcours, super forme. Encore une fois dommage pour la météo…
Cette fois j’ai tenu les 71km d’ascension à environ 240W NP, ce qui renforce mes regrets pour La Marmotte! Je mets ce progrès sur le compte de la grosse sortie effectuée 9j avant, et sur une meilleure alimentation en cours de parcours: pas de panne d’essence sur la fin.
Aucun regret concernant le Platin Tour. D’ailleurs même Hughes Rico n’a réussi à le boucler qu’à sa 3ème tentative
2008: Silver Tour, 2009: Gold Tour, 2010: ??

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