Course 9 – Alpen Brevet (Suisse-Cyclosportive)

Samedi 09 Août 2008 – Meiringen (Suisse)
Environ 1500 partants

Arrivée vendredi midi sur place, le temps n’est pas terrible. On est au fin fond de la Suisse Alémanique, au milieu de montagnes assez impressionnantes.
Cette fois-ci j’ai prévu de faire du camping car les hôtels helvétiques sont vraiment au dessus de mes moyens. En fait c’est parfait car celui que j’ai choisi (Camping Balmweid) est situé à environ 50m de la ligne de départ… on ne peut pas faire mieux ! C’est la première fois que je plante la tente en Suisse, ce sera un pays de plus à la (longue) liste. Il y a plein de cyclistes partout, la plupart sont des campeurs du dimanche et ne sont pas trop équipés pour affronter la pluie et le vent qui ne tardent pas à faire leur apparition.

Une fois le camp monté, j’enfourche mon vélo pour une petite sortie de décontraction, direction Meiringen puis le début du Grimselpass.

Route du Grimselpass - Suisse

Première surprise, à la sortie de Meiringen en direction d’Innertkirchen c’est une bonne bosse de 2km à 5% qui nous attend juste après le départ, au lieu du faux plat prévu. Pour la mise en jambes façon Marmotte faudra repasser.
Le paysage force le respect : le ciel est noir, le granit est omniprésent, l’ambiance est assez lugubre, surtout quand le brouillard et la pluie se mettent de la partie.
Je monte tranquille pendant 1h (198W) avant de faire demi-tour, car le sommet du Grimselpass est à 32,8km du départ.
Retrait du dossard sans problème, le chronométrage se fait par puce électronique fixée à la plaque de guidon. C’est sympa il y a un petit drapeau sous le numéro, et le prénom du coureur. On voit bien qu’on est en Suisse, je ne compte pas les vélos BMC et les vêtements Assos. Je n’ai vu qu’un seul autre cadre Look, ça fait bizarre.
Retour au camping pour la traditionnelle platrée de pâtes. Au moment de se coucher, mauvaise surprise : juste derrière il y a un troupeau de Brunes avec des cloches… Pittoresque mais pas le top pour dormir !

Samedi matin, lever à 5h15. Il pleut et il fait 12°C…
6h30, direction la ligne de départ. Je pars en manchettes avec le coupe vent, les jambes huilées. Tout le monde est habillé comme ça, je ne me fais pas de souci, contrairement à la Time.

6h45 pile, c’est le départ.

Je monte la côte à 240W en me faisant doubler par des dizaines d’avions, mais comme je pense encore faire le Platin Tour je reste tranquille.

J’attaque le Grimselpass (2164m) en milieu de peloton, c’est déjà pas mal étiré. Je scrute mon SRM pour ne pas partir trop fort. Plus on monte, plus le brouillard est épais, plus il pleut et plus le thermomètre baisse. Je me pose de plus en plus de questions, j’ai froid même dans la montée. Je fais l’ascension à 220W de moyenne, pile ce qui était prévu.
En haut la visibilité est de 20m environ, il fait 4°C…

Grimselpass

Je commence la descente à reculons, il fait tellement froid que j’ai les doigts bleus, les dents qui claquent et les jambes tétanisées.

C’est décidé, je coupe au plus court, ce sera le Silver Tour. A Gletsch je tourne à gauche, adieu le Platin Tour, mais vu les conditions pour moi c’est du suicide, il m’aurait fallu gants, surchaussures, jambières et veste d’hiver.

Au début du Furkapass (2429m) j’ai même du mal à pédaler, mes jambes sont raides comme des bouts de bois. Je n’ai jamais eu aussi froid sur un vélo. Il y a un court rayon de soleil, le paysage est somptueux mais toujours aussi effrayant.

Hôtel Belvédère - Glacier du Rhône - Furkapass

Le paysage devient carrément surréaliste au passage à proximité de l’Hôtel Belvédère, un superbe bâtiment style Belle Époque, perché au milieu de nulle part à plus de 2000m d’altitude, à proximité du Glacier du Rhône. On se croirait dans Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz.
Plus besoin de s’économiser, j’escalade ce col incroyable à 227W de moyenne, impossible de faire plus avec le froid.

J’appréhende pas mal la descente, qui doit me faire passer de 2429m à 970m. Je suis tellement gelé que je m’arrête 2 fois pour me réchauffer un peu les mains.

Descente du Furkapass

Même les vaches aimeraient bien se mettre à l’abri ! Quelques coureurs me doublent dans la descente, je n’essaye pas de les suivre, car je ne connais pas trop le parcours du Silver Tour et il me semble que l’arrivée est à quelques kilomètres du bas.

Grave erreur, en fait il reste à escalader le Sustenpass (2224m), 17km d’ascension. Le temps s’améliore un peu, les paysages sont toujours aussi magnifiques, on peut voir jusqu’à 4 glaciers différents en même temps. La route monte principalement en ligne droite, en fait au bout de 8-9km on peut voir l’ensemble jusqu’au sommet, avec juste quelques lacets sur la fin. Je grimpe à 223W de moyenne, en doublant pas mal de monde.

En haut je m’arrête pour la première fois au ravito, car je suis à sec.

J’enchaîne ensuite avec la descente, le temps s’améliore. Sur le bas je suis repris par 4-5 coureurs dont 1 fille, je prends les roues, ça roule pas mal. Dans la côte de retour entre Innertkirchen et Meiringen je mets un peu les watts pour finir seul (273W).

Je boucle le parcours en 6h11 pour 132km et 3700m de dénivelé. En fait le Silver Tour de l’Alpen Brevet correspond au grand parcours de la Time Megève Mont Blanc… C’est dire ce qu’il en est du Gold et du Platin Tour !
Si l’on considère que les puissances mesurées par le SRM sont en moyenne 6% plus faibles que celles mesurées avec l’ergomo (voir ici), on peut dire que des puissances de 220, 226 et 223W avec le SRM sont équivalentes à des puissances de 233, 239 et 236W avec l’ergomo. Ce qui veut dire que j’ai accompli mes meilleures performances en montée à l’Alpen Brevet, loin devant la Time Megève Mont Blanc (223 à 230W). Bien !
D’ailleurs la différence est nette au classement, puisque je termine 31ème sur 462.
Ceci renforce mes regrets pour La Marmotte, où mes puissances n’ont jamais été à la hauteur (voir ici).
En conclusion l’Alpen Brevet est une super cyclo, avec le plus beau parcours que j’aie fait à ce jour. Le Platin Tour doit être dantesque, je pense m’y attaquer pour de bon l’an prochain, seul s’il fait beau, ou avec assistance en cas de mauvais temps : 12h de vélo en court avec manchettes et coupe vent c’est du suicide s’il fait 4°C à 2000m…

4 réflexions au sujet de « Course 9 – Alpen Brevet (Suisse-Cyclosportive) »

  1. salut

    je viens de rentrer de Meiringen après avoir finit le platine
    dommage que tu n’ai pas continué au moins sur le gold car le parcours est magnifique.
    pas besoin d’assistance ( en plus c’est interdit et ça fait moins de voiture sur les route car une voiture d’assistance par cycliste ça ferait beaucoup !!! )
    pour faire l’Alpen brevet, il faut juste serrer les dents pour affronter la météo
    et ensuite il faut pédaler manger et boire jusqu’a la ligne d’arrivée
    depuis trois ans c’est la même chose le temps est pourri au début
    mais ça s’améliore ensuite
    il y a deux ans on avait la neige dans l’ascension du Gothard
    et l’année dernière c’était une pluie d’orage a la descente du Susten
    bref chaque année c’est pareil et comme disent nos amis suisses allemands ce n’est pas l’alpen brevet mais le rain brevet

    salut et à la prochaine dans nos belles montagnes

    Fred le cyclonaute bretonsuisse

  2. Félicitations pour le Platin Tour ! Combien de temps as-tu mis ??

    C’est clair que je me suis dégonflé à cause de la météo… Il aurait fallu qu’en plus je prenne des genouillères et éventuellement des gants et que je roule avec un gilet sans manches.
    Je n’ai jamais fait 12h de vélo, donc par temps sec je me serais lancé, mais là je me suis dit qu’il était plus sage de renoncer.

    T’as raison pour l’assistance, c’est mal, mais c’est ce qu’il m’aurait fallu hier pour le Platin.

    Je te rejoins sur la beauté du parcours, j’ai trouvé ça fabuleux. Et encore avec le brouillard je n’ai pas vu grand chose.

  3. salut
    pour mon temps officiel c’est 12.33.54 avec les arrêt ravitos et 12:07:12 au compteur du polar sans compter les temps d’arrêt
    c’est un véritable truc de fous tout le monde a la trouille avant le départ et personne ne sais vraiment comment il va finir cette journée
    moi non plus je n’avais jamais fait un sortie aussi longue avec autant de dénivelé
    cette année ma plus longue sortie était de 194 km en 7:44:44 pour 3660 M de dénivelé
    j’ai commencé a me préparer cinq semaines avant l’Alpen et samedi au départ je ne savais vraiment pas si je devais rester sur le gold ou prendre le platine
    mais il a des jour faut arrêter de réfléchir ensuite il n’y a plus qu’a rester a l’écoute de son corps ne pas brûler les cartouches
    et boire, manger, boire, manger,boire, manger, boire, manger, boire, manger, boire, manger……….
    bref c’est un truc de dingue qu’il faut faire au moins un fois dans sa vie de cycliste.
    par contre pour ton final en solo ou tu a mis les watt à Innertkirchen
    c’est pas vraiment dans l’esprit de l’Alpen brevet
    on est pas à la Marmotte, ce n’est pas une course et c’est pour ça que je ne fait pas de cyclosportive ;-))
    au même endroit que toi je me suis retrouvé dans un groupe de cinq
    et après plus de 12h00 sur le vélo personne n’a eu la mauvaise idée de tenter le sprint
    et on a tous finit dans le même temps en se serrant la main après la ligne
    mais bon c’est vrais que je ne suis qu’un cyclotouriste ;-)))

    Fred le cyclonaute bretonsuisse

  4. Seulement 26′ d’arrêt sur 12h de vélo, bravo. Apparemment rien que sur le Silver je me suis arrêté près de 11′. Bon c’est vrai que je me suis même arrêté dans les descentes…

    N’étant pas un montagnard, le temps m’a vraiment fait peur, s’il avait fait 4°C et pluie en haut de chaque col je n’aurais pas pu aller au bout, voire ça aurait été dangereux. Donc je ne regrette pas d’avoir raccourci. L’an prochain je viendrai avec la grosse artillerie point de vue vêtements pour être paré pour les sommets et les descentes.

    Pour ce qui est d’avoir fini seul, je te rassure je ne suis pas du genre à sprinter pour la 50ème place. Quand le petit groupe est rentré sur moi dans la descente, c’était du style « à bloc et on prend des relais toutes les 30s » façon échappée chez les pros. Donc je n’ai pas pu résister à l’envie de monter la dernière bosse assez fort, c’est tout.

    Tu devrais essayer La Marmotte, ce n’est pas une course non plus. Il y a un classement, mais c’est quand même « Chacun pour soi et la montagne contre tout le monde ». Le Glandon après le Rivier d’Allemont et le Galibier après Plan Lachat ça vaut aussi le détour. Et puis 7500 cyclistes sur le même parcours, c’est incroyable.

    Bon l’an prochain tu vas sans doute passer au cyclisme ultra, c’est tout ce que tu peux faire de mieux après le Platin Tour !

Laisser un commentaire