Granfondo Les 2 Alpes 2013

Dimanche 25 Août 2013
149kms – 3300D+
Environ 200 partants
Grand Trophée

Granfondo Les 2 AlpesRetour dans l’Oisans ce week-end pour la dernière épreuve de montagne du Grand Trophée 2013. Rien à voir avec les 7500 partants de la Marmotte, l’ambiance est plus calme avec sans doute quelque chose comme 400 partants sur les 2 parcours.

Heureusement le soleil est de la partie aujourd’hui, contrairement à hier où il tombait des trombes d’eau sur les Deux-Alpes. La température est assez fraîche, et comme on commence par une descente (neutralisée) de 10km, je pars couvert, avec genouillères et coupe-vent.

Le départ fictif est donné vers 8h, tous les habitués sont là, beaucoup de costauds. Plus le plateau est restreint, plus il est de qualité… Ma tactique est assez simple : à bloc !

Au Freney d’Oisans, petite pause de 5min avant le départ réel, le temps pour tout le monde de retirer les coupes-vent, jambières et autres. Ensuite direction Bourg d’Oisans, avec un démarrage vraiment rapide. La petite remontée après le Freney qui fait si mal aux jambes à La Marmotte est avalée grand plateau, et je prends la roue d’Eric Leblacher pour revenir en tête de peloton. La descente vers la Romanche se fait à bloc, en 51×12 je suis souvent à 110-120rpm pour essayer de tenir les roues.
Finalement ça se calme un peu dans la longue ligne droite avant Bourg d’Oisans, ce qui me donne l’occasion de passer en tête et d’aller saluer Rodolphe Lourd qui mène le train.

Les hommes forts embrayent dès le pied du Col d’Ornon (11,5 kms – 600D+) ce qui met tout le monde en file indienne. Vu qu’on était peu nombreux au départ et vu le profil, j’ai décidé de lâcher les watts d’entrée pour accrocher un bon groupe. Le SRM oscille entre 300 et 320W, ce qui n’est pas suffisant pour accrocher la tête de course, mais ce qui me permet de me retrouver dans un groupe d’une douzaine, aux alentours de la 30ème place. Le groupe se relaie efficacement sur les pourcentages modérés du col, et on bascule groupés au sommet pour la première descente du jour.

La descente vers Entraigues est menée à fond par un moniteur de l’ESF, c’est simple il n’y a qu’à suivre ses trajectoires. La route est parfaite, je crois que je n’ai jamais fait une descente aussi rapide, surtout que la circulation est quasi nulle.

Hier je me demandais si j’allais m’arrêter au ravito de Valbonnais. Bon en fait il n’y en avait pas donc la question a été vite réglée !

A Siévoz le groupe entame la longue ascension vers l’Alpe du Grand Serre (23km – 700D+). On a assez souvent le vent de face, tout seul ça aurait été un vrai calvaire. Un costaud assure l’essentiel des relais, je suis juste bien content de pouvoir rester dans les roues… Les paysages sont assez sympas, avec de nombreux alpages, un peu comme dans le Vercors. Rien de comparable à la haute montagne de la Marmotte. Même si j’essaie de rouler à l’économie, le SRM ne décolle pas du 280-300W. Pas bon ça, à ce rythme les réserves de glycogène vont être vite épuisées.

Hier Rodolphe m’avait conseillé de remplir vite fait mon bidon à une fontaine à La Morte (sympa comme nom de village), mais je ne l’ai pas vue. Sport Com’ avait déplacé (sans le dire à personne) le ravito de Valbonnais au sommet de l’Alpe du Grand Serre. Mais en fait personne n’a osé s’arrêter de peur de se retrouver seul pour la suite… Il me reste un peu moins d’un bidon, il faudra que ça le fasse.

A nouveau la descente est très rapide, mais bien menée, et même s’il faut quasiment tout le temps pédaler pour suivre le rythme, personne ne prend de risques.

Vient alors la portion de parcours la plus pénible : Séchilienne – Bourg d’Oisans, 20kms par la grande route. Il y a moins de circulation que début juillet, mais le flot de voitures et de campings car est quand même ininterrompu. Je prends de bons relais en me limitant à 220-240W pour économiser de l’énergie. Bien qu’on roule en file indienne sur la bande cyclable certains automobilistes trouvent encore qu’on prend trop de place sur la route, klaxons et insultes…

Tout le monde est content d’arriver à Rochetaillée, on tient le bon bout ! Le parcours tourne à gauche au rond-point et contourne une nouvelle fois Bourg d’Oisans. Cette fois, je suis à sec et je me relève pour aller voir s’il n’y a pas une fontaine au pied de l’Alpe d’Huez. Finalement je mendie ½ bidon à une suiveuse qui attend ses coureurs…

Il faut monter le début de l’Alpe d’Huez, mais seulement jusqu’à La Garde (2,8kms – 250D+). Après à peine 2000D+ et à 260-280W les premières rampes sont un vrai bonheur ! Et en plus il ne fait que 24°C au Powercontrol…

A La Garde, une nouvelle fois pas de ravitaillement Sport Com, malgré ce qu’ils avaient annoncé ! C’est une blague ou quoi ? Direction la fontaine pour 2 bidons d’eau fraîche… En fait ils se sont mis 2kms plus loin… trop tard!

La route du Balcon d’Auris a une vue imprenable sur la vallée de la Romanche, mais ça grimpe quand même avec un bon 320D+ en 4kms. Je commence à être usé, maintenant c’est chacun pour soi et j’ai du mal à tenir les 260W.

La descente jusqu’au Freney d’Oisans est une nouvelle fois excellente, j’en profite pour manger 2 pâtes de fruits pour ne pas finir en panne sèche.

Au moment de reprendre la route du Lautaret, un des rares signaleurs présents sur le parcours (allez il y en avait peut-être 10 sur les 150kms) me pose LA question : « Est-ce qu’il y en a encore derrière toi ? ». « Ah ben là j’espère parce que vu comme j’ai roulé depuis le début j’ai plus qu’à jeter le vélo ! ».

Le problème c’est que mes forces m’ont abandonné : plus de glucose, passage en mode lipides. 220W max… Foutu pour foutu je me mets à 200W et je mange mes 2 derniers nougats.

Au Barrage du Chambon je ne suis pas beaucoup plus fringant quand il faut tourner pour attaquer la montée finale vers Les Deux-Alpes (10,5km – 700D+). 3-4 gars me laissent littéralement sur place. Je gère tranquillement en 34×29… Après le replat j’ai un regain d’énergie, les 240-250W sont à nouveau possibles. Mais ce sera de courte durée, je finis les 3 derniers kms comme je peux.

A l’arrivée j’ai la mauvaise surprise de ne pas être classé : ma puce ne fonctionnait pas… C’est le comble vu que la veille en la vérifiant au retrait des dossards j’ai vu que ça n’allait pas. Réponse Sport Com’ après 3 essais : « Mais si elle marche ! » Et bien non elle n’a pas marché…

Au final après négo avec le responsable du chronométrage il m’attribue le temps de 5h20. J’avoue c’est un peu arbitraire mais vu que j’ai mis le SRM en route en sortant de l’hôtel j’avais aussi dedans le temps d’échauffement et la descente neutralisée… Après vérification sur l’ordi en fait j’ai mis 5h24 + à peine 2x1min d’arrêt soit 5h26.

En tout cas ce WE Sport Com’ a tout faux : flèchage, signaleurs, ravitos, chronométrage. Le Grand Chelem !

Au bilan je suis content, avec une 50ème place qui constitue à ce jour mon meilleur classement en montagne. Le niveau très relevé du plateau compense le faible nombre d’engagés. Le profil de la course et le nombre de partants a imposé une nouvelle stratégie : à fond jusqu’à la dernière cartouche, contrairement à d’habitude où je gère dès la première montée. Le travail entrepris avec Alban pour faire monter mon seuil et la durée tenue ont bien porté leurs fruits cette année !

3 réflexions sur « Granfondo Les 2 Alpes 2013 »

  1. Connaissant le parcours (et les points d’eau) à peu près par cœur (quatrième édition consécutive, ça aide) c’est vrai que je n’ai pas fait attention à certains points… avec très peu de « gilets jaunes » surtout dans le final.
    Plusieurs habitués ont également dû se faire surprendre au ravito -décalé- de La Garde, en le voyant arriver 1 km plus loin 😉
    Finalement t’as couru hier comme je cours la plupart des cyclos (hors Marmotte, et 3B dans une moindre mesure) : banzaï ! et on limite la casse sur la fin ^^ Pas de données watts pour ma part (mon P2M s’est mis en veille en attendant le départ, et après le Garmin a trouvé une dizaine de capteurs… sauf le mien :-P) mais des jambes bonnes sans plus, et surtout beaucoup trop d’efforts dans le groupe de tête pendant que les favoris se marquaient au cuissard derrière.
    Du coup j’ai suivi la guerre des étoiles à distance dans la Garde, avant de lâcher tout ce qui me restait en reprenant une dizaine de mecs du groupe ; tout juste suffisant pour accrocher un top 15 (grosse densité devant). Déçu à chaud, mais content d’avoir bien géré l’alimentation jusqu’au bout (ces dernières années Deux-Alpes rimait avec fringale) et de ne pas avoir craqué mentalement dans un final plus compliqué à gérer que celui de la Marmotte (deux ascensions difficiles en 20 bornes). J’ai vraiment l’impression d’avoir tout donné physiquement, et les quelques escaliers franchis au bureau aujourd’hui le confirment !

  2. Parti quasi à fond, je suis tombé en panne dans les 2 Alpes… Si je progresse encore l’année prochaine, peut-être que j’aurai assez de carburant pour aller au bout au même rythme!

    Je ne trouve pas que le final soit plus compliqué à gérer que la Marmotte : 2 bosses de 600D+ valent mieux qu’un 1100D+ après 3 gros cols!

  3. 2* 600 m > 1* 1100 m 🙂
    Plus sérieusement je suis d’accord, le final à l’Alpe-d’Huez reste très difficile… C’est sans doute la façon de courir différente (et la forme du moment, moindre que début juillet) qui fait que je souffre plus dans cet enchaînement que dans les 21 célèbres lacets. Et traditionnellement je perds toujours un peu de temps dans les courtes descentes/remontées (comme à Auris ou Mont-de-Lans).

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