Compte rendu de La Marmotte 2007

Le 07 Juillet deuxième participation à La Marmotte, avec un objectif de 8h30.

Début Juin, début de la préparation spécifique avec une participation à la Time Megève Mont Blanc sur le grand parcours. Braquets de montagne, 36×26 de rigueur. Tout est franchement plus facile que sur La Marmotte. Parti tranquillement, je boucle le circuit sans problème.
Grosse déception : 90% des participants bifurquent en cours de route sur les petits parcours, il n’y a que quelques courageux qui font le grand tour. La Time Megève Mont Blanc : une cyclo pour ceux qui n’osent pas ou ne peuvent pas faire La Marmotte ?

La Marmotte 2007 - Bourg d’Oisans - Rochetaillée - Alpe d’Huez

06 Juillet

Arrivée à Bourg d’Oisans après 900km de voiture. Et hop on enfourche le vélo pour un petit décrassage : aller retour jusqu’à Rochetaillée pour se dérouiller les jambes puis grimpée tranquille jusqu’à l’Alpe d’Huez. 1h15 sans forcer, en souriant aux photographes postés sur le parcours.
En haut c’est la fête à neuneu pour le retrait des dossards. J’en profite pour faire changer mes patins de freins qui sont presques morts, je ne voudrais pas que demain ils me lâchent dès le Glandon. Le mécano vérifie que tout le reste fonctionne bien, un vrai pro, sympa. Je me laisse aussi tenter sur les divers stands et j’achète un coupe vent qui se plie super bien dans la poche.
Descente tranquille, puis on fonce à l’hôtel pour se reposer le plus possible. Le soir, pasta party à l’Hôtel Campanile du coin où se trouvent pas mal de coureurs. Le personnel ne comprend pas pourquoi ce soir tout le monde veut absolument des pâtes…

07 Juillet

Lever à 4h45, la nuit a été courte. Le vélo est prêt, la fameuse plaque accrochée au guidon. Les roues sont déjà démontées et dans les sacs à roues. Petit déjeuner habituel pour ne pas risquer de se surcharger l’estomac : Café, Jus d’orange, Princes.
Départ à 5h30, il y a déjà pas mal d’agitation à l’hôtel.
Arrivée à Bourg d’Oisans à 6h00, il fallait passer avant que la route ne soit coupée pour le départ.
Avec un dossard >2000, je dois partir dans la deuxième vague, à 7h30. De toute manière ça ne change rien l’an passé avec un dossard >5000 j’avais franchi la ligne de départ à 7h35, soit 35 minutes après les premiers !

A 7h00 je sors le vélo de la voiture. Je n’ai pas prévu de m’échauffer sérieusement, de toute façon il y a le temps jusqu’au pied du Glandon. A 7h05 je m’aperçois que la veille j’ai percé de l’arrière et mon pneu s’est dégonflé pendant la nuit. Vraiment pas de chance, je n’avais pas crevé depuis 4000 km. Pas de stress, je sors ma chambre à air de rechange qui s’avère elle aussi percée ! Montée d’adrénaline…
J’ai aperçu en arrivant un camion Mavic, heureusement ils me dépannent avec bonne humeur, je leur prends 2 chambres à air. A 7h25 je suis enfin opérationnel, vite le départ !

7h35, je franchis la ligne. Départ tranquille à 35-40 km/h jusqu’au pied du Glandon, ciel bleu, pas un nuage. Sur la route il y a déjà des vélos à perte de vue.

Col du Glandon - Cyclosportive La Marmotte

Col du Glandon
20km – 1114m de dénivelé

Montée tranquille jusqu’au Rivier d’Allemont, 36×23, 160 max au Polar, je me suis juré de ne pas renouveler mon erreur de l’année dernière et de partir tranquille. Je remonte déjà pas mal de monde, c’est bon pour le moral. Je me laisse griser par un Suisse que j’ai rattrapé et qui me dit penser faire environ 8h00.
Au Rivier d’Allemont, petit stress, vu l’altitude et les km restants jusqu’au sommet, je calcule que je vais être en retard sur mon tableau de marche. Je décide d’accélérer un peu et je double des centaines de concurrents. Le reste de la montée est plus facile, en fait je ne suis pas en retard et je passe le sommet en 1H57.
Je slalome entre les cyclos arrêtés et j’attaque directement la descente sans mettre de coupe vent. Au bout de 4-5 km, alors que je roule à 70 km/h le long d’un précipice, crevaison de l’arrière… heureusement je suis dans une ligne droite et j’arrive à m’arrêter sans chuter. La jante est brulante, je ne peux la toucher avant quelques interminables minutes. Changement de chambre à air, gonflage avec la mini-pompe (quelles m….. ces trucs là), et je repars forcément un peu sous gonflé. Perte de temps 10 minutes à peine, mais au moins 500 places au classement et ensuite grosse peur dans le reste de la descente, avec tous les oufs qui dévalent la pente n’importe comment comme s’ils étaient au Tour de France, et la crainte de déjanter.

Vallée de la Maurienne
Je me conforme à ma tactique et je me glisse dans un peloton de gros boeufs flamands afin de ne pas prendre un poil de vent avant la fin de la vallée. L’année passée je me suis épuisé tout seul à jouer à « saute peloton », tout ça pour quelques misérables minutes sans doute perdues dans la montée suivante. Sucer les roues, parfois il n’y a que ça à faire, surtout quand il y a un fort vent de face…
45 minutes pour les 25 kilomètres en faux plat, pile le tableau de marche. Jusqu’ici tout va bien.

Col du Télégraphe - Valloire

Col du Télégraphe
11,5km – 858m de dénivelé

Saint Michel de Maurienne, virage à droite, hop début de la montée. Les jambes répondent bien, les 3 premiers km sont raides (9 à 10%), certains sont déjà à pied et je vois de plus en plus de dossards <2000, c’est bon signe. Je carbure toujours aux pates d’amandes et il me reste 500mL sur mes 2L d’Isostar du départ.
Montée prudente jusqu’au sommet, alternance de 36×23 et 36×26. Je discute en cours de route avec un australien de Sydney a fait le déplacement exprès pour La Marmotte !
Il y a toujours des gros blaireaux qui jettent leurs déchets par terre… et des supers gros blaireaux qui se font doubler tous les 2 km par leur voiture suiveuse.
Passage au sommet du col en 4h12. Je me charge en eau pour être plus lourd pour la descente. Je vois au ravito que certains concurrents ont des petits sachets de poudre isotonique, faudra que je trouve la marque pour l’an prochain. En attendant je bois un verre de Coca et je me fais un bidon de menthe et un bidon d’eau. Je sors aussi un mini saucisson de ma poche, ça fait du bien.
Pas le temps de souffler, la descente jusqu’à Valloire ne fait que 4km.

Col du Galibier
17km – 1245m de dénivelé

Le camion Mavic se trouve à la sortie de Valloire, après 1km de montée à 7%, je joue la sécurité et je m’arrête car je n’ai plus de chambre à air de rechange. Les types ne me reconnaissent pas encore.
Je repars mais j’ai les jambes dures, s’arrêter dans la montée c’était pas terrible. 36×26 de rigueur, ça promet pour la suite. Les paysages sont superbes, surtout passé Plan Lachat (1961m), mais c’est de plus en plus dur. La route est souvent toute droite, on a l’impression de faire du surplace, et surtout en levant la tête on commence à voir le sommet, mais c’est tellement haut… Je regarde les plaques de cadre, j’ai doublé des coureurs protégés avec des n° <500, mais il y a aussi des >4000 qui me doublent.
Arrivée au sommet en 6h02. Je m’impose un vrai arrêt : « Toutes les 2h la pause s’impose » ça ne vous dit rien ? Au menu du ravito des chasseurs alpins: sandwich au camenbert, saucisson, abricots secs et Coca. Je m’assieds sur un rocher, il fait chaud, le ciel est bleu et la vue superbe… Plus dur est le départ !

Col du Galibier - Cyclosportive La Marmotte 2007

Descente du Galibier
Une vraie m…. c’est la partie que j’appréhende le plus.
Jusqu’au Lautaret, 8km de descente de col normale, coupe vent de rigueur.
Ensuite, 39km de faux plat descendant avec des bosses, des tunnels, du vent de face, de la circulation, la galère. L’an passé j’étais à l’agonie, un vrai calvaire cette pseudo-descente.
Cette année j’ai mieux géré mon effort, je me sens encore bien. Je suis dans un groupe qui roule pas mal, mon 50×13 est juste suffisant. Contrairement à mes souvenirs, les tunnels sont éclairés, pas de problème. Même la côte du barrage du Chambon passe bien.
Jusqu’ici tout va bien. A 6 km de Bourg d’Oisans je perce à nouveau de l’arrière, cette fois ci à 45km/h, au milieu d’une espèce de lande déserte en plein soleil par 35°C avec un vent brulant. 3 crevaisons en 24h je suis donc maudit ! Heureusement que Mavic était à Valloire… Grosse galère pour réparer, je suis fatigué, je n’arrive pas à remettre le pneu, je frôle le coup de chaleur. Des centaines de concurrents me passent dans le dos, ça m’énerve. Après 20 minutes de vains efforts, je suis prêt à jeter mon cher vélo dans le fossé et à jeter l’éponge…
Finalement tout rentre dans l’ordre, mais je suis proche de l’abandon.

Montée de l’Alpe d’Huez
14km – 1061m de dénivelé

Bourg d’Oisans, une fois encore le camion Mavic est là. Cette fois-ci les mécanos me reconnaissent et me remontent le moral. Je continue.
L’an passé j’ai fini à pied, 2h00 pour me hisser au sommet. J’entame la montée après 7h21. La première rampe est terriblement longue et pentue. Il y a autant de concurrents à pied que sur le vélo. 36×26, c’est parti pour les 21 virages. Les familles des Belges et des Hollandais font une répétition pour le passage du Tour : les encouragements sont énormes, on nous tend des bouteilles d’eau, l’ambiance est incroyable. Du coup ça donne des ailes, enfin tout est relatif à 11km/h.
Passé La Garde, le plus dur est fait. Les virages défilent, certains coureurs sont allongés par terre mais disent ne pas avoir besoin d’aide, je continue.

Montée de l’Alpe d’Huez - Cyclosportive La Marmotte 2007

Arrivée
Je passe la ligne en 8h48, 15 minutes de moins que l’année dernière malgré 2 crevaisons. 173,6km – 4950m de dénivelé. Je finis beaucoup moins épuisé, j’ai mieux géré mon effort.
Objectif 2008 : moins de 8h30 !

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