La Marmotte 2013

Samedi 06 Juillet
174km – 4900D+
8000 partants
Grand Trophée

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Cette année avec mon engagement au Grand Trophée j’ai la chance de pouvoir partir dans le 1er sas, loin devant la foule. L’inconvénient c’est que le départ est à 7h00, et le temps de descendre de l’Alpe d’Huez tranquille ça revient à quitter l’hôtel sur le coup de 6h20.
Cette année j’ai eu une approche optimale, entrainement, courses de préparation, récupération, poids. C’est donc confiant que je me présente à Bourg d’Oisans, sous un beau ciel bleu et une température déjà douce.

A 7h05 le 1er sas est lâché, ça envoie bien sur le plat jusqu’à Rochetaillée, le compteur oscille souvent entre 45 et 50km/h. Bien au chaud dans les roues je m’applique à ne pas faire d’effort superflu. Au barrage du Verney, la voiture ouvreuse doit être à peine 30s devant moi. Premier arrêt pour un besoin naturel au début de la première rampe du Glandon, y a pas le feu

Cette année j’ai décidé de monter un peu plus vite le Col du Glandon, histoire de ne pas me retrouver embouteillé au sommet et de faire la descente dans de bonnes conditions, avant les kamikazes. Le SRM alterne entre 260 et 280W, en 34×27 ou 34×29, les jambes tournent bien et je prends soin de bien boire et bien manger. Dans les replats et la descente j’en profite pour tourner les jambes aux alentours de 200-220W pour continuer à avancer sans consommer trop de glycogène. J’atteins le sommet en 1h45, avec près de 7min d’avance sur mon meilleur temps.

Comme d’habitude la descente jusqu’à Saint Etienne de Cuines est neutralisée, ce qui n’empêche pas quelques uns de descendre n’importe comment. 4 ou 5 chutes ont déjà eu lieu dans les premiers virages, où sont positionnés de nombreux signaleurs, 1 ambulance et des gendarmes. Cette année la route est fermée aux voitures. +1 pour l’organisation.

Arrivé dans la vallée ça temporise un peu en attendant qu’un groupe se forme. Je prends l’initiative de rouler en tête sans trop forcer et rapidement je trouve des alliés de circonstances. Notre groupe de 10-15 se relaiera tranquillement jusqu’à Saint Michel de Maurienne. Il y a plutôt moins de circulation que d’habitude dans les grands bouts droits le long de l’autoroute, mais ça commence à chauffer pas mal. La crème solaire ne sera pas superflue… Après 2h55 de course on traverse Saint Michel de Maurienne, début des choses sérieuses. 10min d’avance, encore 3min gagnées depuis le Glandon. Les jambes sont là, ça s’annonce bien!

C’est le moment d’aborder le Col du Télégraphe, où généralement je suis le plus à l’aise. Ceux qui sont partis trop fort commencent à coincer sérieusement, ceux qui ont géré s’envolent. Tout va comme sur des roulettes, en général j’ai toujours un peu de mal à remettre en route les 2 premiers kms, mais là tout va bien… sauf que petit à petit la température se met à monter pour atteindre 27° à mi ascension. Il me reste moins d’1 bidon, rempli de boisson énergétique, donc pas question de s’arroser avec… J’adopte une allure un peu plus prudente en prévision du Galibier, 259W NP sur la montée, passage au sommet en 3h49, 15min d’avance. Si ça continue ça va le faire à l’aise pour les 7h30, je me prends à rêver d’un 7h20 en montant l’Alpe honorablement…

La descente vers Valloire offre un court répit avant d’attaquer le gros morceau de la journée. Le ravitaillement se trouve à la sortie après 1 ou 2km de montée, aux Verneys. Normalement le ravito constitue la pause la longue, un peu après la mi parcours. La boisson, les gels, les barres sucrées commencent à être écoeurants, c’est le moment idéal pour consommer un peu de salé et boire un Coca. Sauf que comme d’habitude il n’y en a pas…. Vacciné par mon hypoglycémie de Joux Plane il y a 15j cette année j’ai bien soigné la nutrition.

C’est parti pour le Col du Galibier, juge de paix du parcours (de toute façon l’Alpe d’Huez se monte toujours à l’arrache). Confiant, je fais le km de plat après les Verneys sur la plaque. Jusqu’ici tout va bien, mais ça ne va pas durer!
Dès que la route se remet à monter je reste lamentablement collé au bitume. 37°C au SRM, le coup de chaleur me guette. 220W au maximum, 50W évaporés sous le cagniard en quelques kms… J’agonise lamentablement jusqu’à Plan Lachat où un arrêt de 10min me permet de me refroidir à grand coups de jet d’eau. Pschittt, la seule question est maintenant de savoir comment arriver jusqu’au tunnel pour ensuite pouvoir descendre en roue libre et bâcher. Mon existence se résume à un seul objectif: Basculer!
Aux Granges la buvette est fermée, pas de Coca. Au sommet, je suis dans un état second voire pire. Depuis les Verneys j’ai plafonné à 211W NP et 10,4km/h de moyenne. 5h32 vs 5h24 en 2011, j’ai perdu 23min en 1h20, plus le temps arrêté! Bon ben ça, c’est fait

Les buvettes du Col du Lautaret sont ouvertes. Foutu pour foutu je me pose un bon 1/4h en terrasse, à l’ombre, pour ce qui sera le meilleur Coca de ma vie. Je repense à Clint Eastwood: Le monde se divise en 2 catégories, ceux qui ont un révolver chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. Une canette fraîche, un parasol sont à ce moment les choses les plus précieuses.

Je remonte sur le vélo sans conviction pour la descente vers Bourg d’Oisans, mais je me suis un peu refroidi et ça commence à aller moins mal. Un petit groupe et la fraîcheur des tunnels me suffisent pour reprendre une allure honorable jusqu’au Barrage du Chambon et sa petite côte où par prudence je laisse filer. L’abandon n’est plus certain, je vais essayer de rallier l’Alpe pour l’honneur!

A Bourg d’Oisans nouvel arrêt ravito, la tactique est simple. 1 bidon de boisson énergétique, 1 bidon d’eau pour s’arroser! C’est du poids en plus mais l’assurance de ne pas surchauffer à nouveau, le SRM affichant 42°C au soleil… Cerveau déconnecté, c’est parti pour les 21 virages. Je me sens plutôt mieux que dans le Galibier, c’est le monde à l’envers. A La Garde il me reste encore de l’eau, pas d’arrêt. A Huez petite pause pour recharger et boire un peu de sirop bien concentré car il ne me reste plus rien à manger. Entrée de l’Alpe d’Huez, ça va le faire!
Finalement je coupe la ligne en 8h06 temps compteur, après 1h21 pour monter l’Alpe à 217W NP et… 9,3km/h de moyenne! Tarif syndical!

Epilogue de cette journée épique.
A l’arrivée je suis tellement mal qu’une fois mis pied à terre mon vélo me sert de béquille. Amandine essaye de me l’enlever mais je m’agrippe à lui pour ne pas tomber… Je suis fracassé comme jamais, mais ça revient vite et après quelques minutes on remonte à l’hôtel tranquillement. Ouf!
Au classement je suis 1400ème, à des années des lumières des 500 et du 7h30 espérés. 1er jour de canicule après 10 mois de météo apocalyptique…
1-0 pour la Marmotte. Revanche l’année prochaine!

Morale de l’histoire: Plus tu pédales moins fort, moins t’avances plus vite. CQFD. (©Shadoks)

4 réflexions sur « La Marmotte 2013 »

  1. Quel dommage ce coup de chaud! Départ un poil ambitieux par rapport au plan établit mais payant dans un premier temps. Ça n’explique pas la défaillance! En effet altitude et coup de chaud on joué! Dans le dernier sport et vie ils parlent justement de l’acclimatation à la chaleur. Pour être optimal il faut 10 jours, comme l’ altitude! Je te le disais faut venir t’entrainer ici. Pour 2014, tu viens une semaine avant en vacance à l alpe avec la petite famille. Tu seras au top pour 7h20!

  2. J’ai voulu au moins me faire plaisir dans le Glandon!
    Dommage que la chaleur ne soit arrivée que le week-end de la Marmotte… On verra pour l’année prochaine, je vais peut-être m’entrainer dans un sauna pour être bien acclimaté 😉

  3. Belle journée et temps honorable au bout du compte.
    Dans son bouquin Wiggins raconte qu’il s’est acclimaté à la chaleur avant la Vuelta 2011 en faisant du HT dans son abri de jardin (il ne pouvait faire de route à cause de sa clavicule caséée au tour)… Peut-être une idée à creuser.

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