Pont d’Espagne, Tourmalet, Luz Ardiden

Après quelques préparatifs rapides, je quitte Pierrefitte-Nestalas vers 8h15 pour la dernière grande chevauchée montagnarde de 2014.
Vu l’affluence d’hier au Pont d’Espagne, ce sera la première montée de la journée au lieu de la dernière. La route jusqu’à Cauterets est sinueuse mais roulante, le plus souvent en faux-plat, c’est l’idéal pour se mettre en jambes et bien démarrer ce raid de 162kms et 4000D+.

route_du_pont_d_espagne

Une fois la station traversée, la route se rétrécit et se cabre peu à peu jusqu’à devenir un vrai col (18kms et 900D+ au global). Il n’y a encore pas grand monde et la température est encore fraîche. Bonne surprise, les jambes répondent beaucoup mieux qu’il y a quelques semaines dans le Col de la Lombarde, et je dois souvent jeter un œil sur le Garmin pour me limiter à 260-270W.

hotellerie_du_pont_d_espagne

Passé le parking voiture, je continue un peu sur l’ancienne route pour aller faire LA photo souvenir sur le Pont d’Espagne (nommé ainsi car à l’époque il y avait beaucoup de commerce avec les espagnols via le Port du Marcadau à 2541m d’altitude). L’avantage c’est que comme il est encore relativement tôt, il y a assez peu de touristes. Quand je pense que dans le temps on passait en voiture avec ma grand-mère pour aller sur les pistes de ski, ça fait bizarre…

ski_au_pont_espagne_2

Depuis la station de ski a été quasiment désaffectée, les 2 tire-fesses et le télésiège presque démontés pour faire place à une sorte de réserve naturelle dédiée au tourisme vert. Là où les Alpes ont choisi l’industrie du ski, les Pyrénées ont choisi la nature et la rando.

Une fois redescendu à Pierrefitte, je me retrouve sans le faire vraiment exprès sur la piste cyclable qui va jusqu’à Lourdes. Et pour une fois c’est une piste vraiment cyclable, en site propre (sur l’ancienne voie de chemin de fer), avec un bel enrobé, balayé et pas de trottoir à sauter tous les 5m. Vraiment bien! L’autre avantage c’est que c’est ultra-plat, on peut enchaîner les kms sans y penser.
Après avoir passé Argelès-Gazost, je continue encore un peu vers Lourdes avant de remonter sur la route pour bifurquer à droite dans la pampa, sur la petite route qui me permettra de rallier Bagnères de Bigorre en contournant le massif de Hautacam et du Tourmalet.

inconnu

Il y a quelques belles vues dans l’arrière pays, et surtout pas 1m de plat. On est en bordure du massif, et au nord c’est la plaine de Toulouse. Heureusement que la piste cyclable a un peu fait monter la moyenne! Le nombre de cyclistes est assez incroyable par ici, beaucoup plus encore que dans les Alpes.
L’arrivée à Bagnères de Bigorre marque le retour à la civilisation et… à la circulation. En fait la montée du Tourmalet commence ici, à la sortie du village, altitude 500m. Donc au total il y a quelque chose comme 1600D+, aucun complexe avec un col alpin. Le début est en faux-plat, bien usant, jusqu’à Campan, puis Sainte Marie de Campan où à l’église il faut tourner à droite pour attaquer l’ascension proprement dite (ne pas oublier de remplir les bidons à la fontaine…).

eglise_sainte_marie_campan

Au final c’est plutôt après Gripp que la vraie montée débute. La route reste assez large, ça sent un peu l’autoroute de station. Les quelques pare-avalanche viennent un peu rompre la monotonie du truc. Là c’est clair il faut gérer pour ne pas trop s’entamer avant d’arriver à La Mongie: 250-260W max. Après plus de 4h de route, les watts sont encore là…
La seule et unique fois que j’ai monté ce col, c’était vers l’âge de 15 ans, ouah! Je me souviens en avoir bien bavé après La Mongie, c’est donc en toute humilité que je traverse la station. Ceux qui ont construit des immeubles aussi laids devraient aller en prison, d’ailleurs! A ce niveau-là, c’est presque un crime! En plus en été tout est fermé comme aux Saisies, ambiance lugubre. Finalement les Pyrénées ont aussi des usines à ski!

la_mongie_col_tourmalet

Les 4 derniers kms sont les plus durs, avec plus de 10% de moyenne. Mais ce qui compte c’est d’y être préparé mentalement… Finalement ça ne se passe pas si mal!
J’entame mon bidon avec pastille d’électrolytes (High5 ou PowerBar, je ne sais plus). J’étais sceptique sur le concept il y a quelques semaines, mais après essai dans le Mercantour et ici, le test terrain est plutôt positif: après 2L de boisson énergétique ça passe plutôt bien, et pas de crampes.

col_du_tourmalet_stele_henri_desgranges

Photo obligatoire devant la stèle au sommet, des cyclistes espagnols font la queue pour se faire prendre, mais j’arrive à glisser mon vélo entre deux, avant d’aller contempler le paysage de l’autre côté.

panorama_sommet_tourmalet_bareges

Et on voit… des Blondes d’Aquitaine et des brebis. Connaissant le dicton “Y’a pas plus con qu’un mouton”, c’est prudemment que j’entame la descente vers Barèges. Heureusement d’ailleurs car tous les 3 virages il y a une vache au milieu de la route ou une brebis couchée, parfois les deux. Un peu plus bas, fin de la zone pastorale, on lâche les freins et la descente devient vertigineuse. Avec un 11 dents il doit y avoir moyen de claquer les 90km/h…

Après une pause à Barèges pour le casse-croûte (même menu que dans le Mercantour), je termine la descente jusqu’à Luz Saint-Sauveur avant de refaire une nouvelle fois le plein et d’attaquer la dernière montée: Luz Ardiden. Encore un petit 1000D+!
La remise en route en ce début d’ascension est assez compliquée, mais je finis par retrouver le rythme. Fatigué, je laisse tomber les W pour garder un peu de forces pour demain!

route_luz_ardiden

Le pied de la montée est franchement banal, peu de circulation mais route pas très intéressante. Sur le haut ça s’améliore un peu avec quelques lacets et des beaux points de vue, avant de terminer sur un nouvel accident industriel, la station de Luz-Ardiden. Pas d’habitations, rien que des remontées mécaniques. Super triste et à moitié en ruines…

station_luz_ardiden

Dans la descente je loupe le raccourci qui m’aurait fait éviter la moitié de la vallée, pas de chance il faudra pédaler vent de face de Luz Saint-Sauveur à Pierrefitte. 6kms de plus au compteur.

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Bilan de la journée: 167kms et 4000D+! Fatigué sur la fin mais pas d’années d’espérance de vie en moins comme après certaines Marmottes!
Pour soigner la récup’ direction le Centre Aquatique, euh pardon le Centre Thermo Ludique d’Argelès (c’est comme ça que s’appellent les piscines dans le coin) pour une heure de jacuzzi, hydromassage, aromathérapie, hammam 😉

Source: lejardindesbains.com
Source: lejardindesbains.com

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